Le marché de la fourrure ébranlé : l’industrie du luxe face à un nouveau défi

Ce mardi 15 décembre, la maison de vente aux enchères Saga Furs Oyj, réputée pour sa sélection de fourrure variée et de qualité supérieure, organise la première vente aux enchères depuis l’abattage de visons au Danemark. En cause, la présumée propagation du virus dans les élevages.

 

L’élevage des animaux de fourrure s’effectue principalement en Europe : les élevages sont constitués majoritairement de visons et de Renard. Le Danemark constitue la première source de fourrure de vison puisqu’il en est le principal producteur avec environ 28% de la production mondiale ; à noter la Pologne, les Pays-Bas, la Finlande, la Chine, et les Etats -Unis constituent également d’importants exportateurs.

 

La pandémie fragilise alors à nouveau le marché du luxe mais cette fois-ci, non pas à cause de la fermeture de ses boutiques ou des difficultés économiques de ses consommateurs. En effet le coronavirus s’est attaqué indirectement à l’industrie de la fourrure, ou plutôt, à ses sources premières, en les contaminant. 

 

Les pays ont décidé chacun à leur tour d’éliminer tout risque de propagation du virus. 

 

C’est l’Espagne qui avait ouvert le bal en juillet en abattant plus de 100 000 mammifères testés positifs. Le 9 novembre le Danemark a suivi le pas et a donc pris la décision d’abattre la totalité de ses élevages de vison, soit plus de 17 millions afin d’étouffer le virus qui cette fois aurait contaminé les animaux élevés pour leur fourrure. La France n’a pas fait exception et le 22 novembre 1000 animaux ont encore été abattus dans l’Eure et Loir.

 

Mais hormis l’émergence de nouveaux épicentres épidémiques, le secteur du luxe fait alors face à une nouvelle problématique : l’élevage destiné aux grandes maisons de couture disparaît peu à peu et met en péril le marché de la fourrure.

 

Les marques telles que Louis Vuitton, Fendi ou encore Dior, qui n’avaient pas renoncé à l’utilisation de la fourrure animale commencent à se tourner vers d’autres alternatives notamment celles disponibles et proposées par la Finlande : l’utilisation de fourrure de Renard et du Chinchilla.

 

« La véritable pénurie pourrait survenir à partir de 2022, mais d’ici là, nous espérons que les éleveurs de visons du Canada, de Pologne, d’Amérique et de Grèce augmenteront leur production pour remplacer la production danoise », énonce Mark Oaten, directeur de l’IFF, « Les gens vont également se pencher sur d’autres types de fourrure. Le renard a été très populaire pour les parures, dans les parkas par exemple. La fourrure sauvage est également de plus en plus populaire, tout comme le chinchilla ».

 

Et pour cela, c’est la grande maison Finlandaise de ventes aux enchères de fourrure qui est au centre de l’attention : Saga Furs. Celle-ci a prévu d’organiser dès aujourd’hui, mardi 15 décembre, une vente internationale afin de vendre toutes ses fourrures. La vente aux enchères se déroulera via livestream et proposera différents types de vison provenant d’Europe et d’Amérique du Nord. 

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LVMH a d’ores et déjà déclaré cette semaine sa volonté de s’en procurer. Zhang Changping, propriétaire de la fourrure chinoise Fangtai, a également affirmé participer aux ventes aux enchères s’il devait faire face aux conséquences de la pénurie. 

 

Une question reste en suspens : est-ce la fin de l’utilisation de fourrure animale ? Sans rentrer en détail dans la polémique, cela fait un certain temps que l’interdiction de cette pratique est revendiquée. Après l’interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure par de nombreux pays tel que l’Autriche, la Croatie et le Royaume Uni, c’est le secteur du luxe qui suit le pas. Certaines marques de luxe ont banni la fourrure de leurs produits en faveur de la cause animale, qu’il s’agisse de vison, de chinchilla, de lapin ou d’angora. Parmi elles : Stella McCartney, Ralph Lauren, Tommy Hilfiger, Michael Kors, Jimmy Choo, Gucci, Versace, Prada… et bien d’autres encore, reste à voir qui suivra la tendance. 

 

Aura-t-il fallu attendre une pandémie pour que l’industrie de la fourrure chute et donne gain de cause à la protection et au bien-être des animaux ?  Sachant que la demande de fourrure est en baisse au fil des années et que les prix sont en chute libre : une peau de vison, qui se vendait 90 dollars aux enchères en 2013 ne coûte désormais plus que 30 dollars.

 

Lire aussi > CORONAVIRUS : COMMENT LE MONDE DE LA MODE ET DU LUXE S’ORGANISE POUR LE COMBATTRE

 

Photo à la Une : © Saga Furs Oyj

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