Les pays du G7 en passe de bannir les importations de diamants russes

Des responsables belges ont annoncé vendredi 15 septembre que les pays membres du Groupe des Sept (G7) prévoient de dévoiler une interdiction d’importation des diamants russe. Cette mesure vise à renforcer les sanctions et à réduire la capacité de la Russie à financer le conflit en Ukraine.

 

Ce projet du G7 a le potentiel de révolutionner la chaîne mondiale d’approvisionnement en diamants. Le groupe des 7, rassemblant l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni mais aussi l’Union l’européenne, prévoit en effet d’interdire les importations de diamants russes dans les prochaines 2 à 3 semaines. Mais son succès repose largement sur l’Inde, dont l’industrie diamantaire emploie des millions de personnes chargées de tailler et de polir environ 90 % des diamants dans le monde. L’interdiction, initialement suggérée par la Belgique, alors que la ville d’Anvers occupe une place centrale en tant que premier centre mondial du commerce de diamants, devrait prendre effet le 1er janvier, comme l’a expliqué un responsable gouvernemental qui a préféré ne pas être nommé lors de ses déclarations à Bruxelles.

 

Si cette interdiction est mise en œuvre comme prévu, elle aurait pour effet de rebattre les cartes du marché mondial des diamants. En effet, le G7, représentant 70 % du marché des consommateurs, cesserait d’accepter les diamants russes, la Russie étant le plus grand producteur mondial de diamants bruts.

 

« Nous parlons de réorganiser un marché mondial », a déclaré le responsable, tout en reconnaissant que le système ne fonctionnerait pas parfaitement dès le départ, et que le G7 était encore en train d’évaluer les détails du plan proposé par la Belgique. « La Russie est le plus grand fournisseur mondial. Avec ce système, nous les excluons, les laissant sur un marché moins performant avec des prix plus bas, ce qui réduira les flux financiers de ce secteur. »

 

Collaboration avec les leaders du marché

 

Les dirigeants du G7 discutent depuis 2022 des efforts visant à réduire les revenus russes provenant des diamants et à renforcer les sanctions de Washington contre Alrosa, le plus grand producteur mondial de diamants. L’Union européenne a acheté l’année dernière pour 1,4 milliard d’euros (1,5 milliard de dollars) de diamants russes, selon les données d’Eurostat, car l’UE n’a ni interdit les importations de gemmes russes ni inclus Alrosa dans sa liste de sanctions.

 

La société diamantaire De Beers a exprimé son soutien aux efforts du G7. « La question porte sur la manière dont nous pouvons collaborer collectivement et efficacement afin de garantir que tous les acteurs de l’industrie, qu’ils soient grands ou petits, soient représentés ».

 

Avant le conflit en Ukraine, De Beers et Alrosa étaient en tête des ventes mondiales de diamants bruts, De Beers représentait 33 % de la valeur totale et Alrosa 24 %, selon un rapport de De Beers. Selon ce dernier, en 2021, les ventes mondiales de diamants bruts se sont élevées à 16,4 milliards de dollars, tandis que la demande de diamants taillés a atteint 28 milliards de dollars. La demande de bijoux en diamants naturels a quant à elle atteint 87 milliards de dollars, avec les États-Unis en tant que premier consommateur.

 

Inde et Afrique exemptés

 

À l’heure actuelle, une fois que les diamants russes sont taillés et polis en dehors de la Russie, ils sont considérés comme provenant du pays qui les a transformés, indique l’analyste diamantaire Paul Zimnisky. « Les représentants de l’industrie ont été très activement inclus dans cette discussion, et les responsables gouvernementaux cherchent à limiter l’impact négatif que cela aura sur des centres neutres sur la question, comme l’Inde et l’Afrique », a-t-il déclaré.

 

La Russie se trouve en concurrence avec le Botswana pour le titre de plus grande source mondiale de diamants. Depuis le début du conflit en Ukraine, de nombreux détaillants de bijoux occidentaux ont évité les diamants en provenance du pays dirigé par Vladimir Poutine. Cependant, cela n’a pas arrêté l’écoulement des diamants russes, bien que le volume d’importations de diamants russes dans l’Union européenne ait chuté d’environ 95 % par rapport aux niveaux d’avant-guerre, selon les dires du responsable belge. Quelques acheteurs indiens et belges ont continué à acquérir d’importantes quantités à des conditions avantageuses, en choisissant les diamants dont ils avaient besoin, tandis que d’autres se sont abstenus. Par ailleurs, certains diamants ont été déplacés vers des hubs situés aux Émirats arabes unis, en Biélorussie et en Arménie.

 




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Photo à la Une : ©Unsplash

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Hugues Reydellet
Hugues Reydellet est un jeune journaliste passionné, dont les sujets de prédilection sont l'économie, la culture, la gastronomie, mais aussi l'automobile et le sport. Avec une plume acérée et une curiosité insatiable, Hugues est constamment à la recherche de nouvelles informations brûlantes à rapporter.

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