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La réparation du vêtement représente-elle l’avenir du luxe?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La réparation du vêtement représente-elle l’avenir du luxe?

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), l’achat de vêtement a augmenté de 60% durant ces quinze dernières années. Pourtant, 40% de Français achètent moins de vêtements par souci écologique. Cet éveil des consciences a placé la réparation du vêtement au cœur des défis à relever par l’industrie de la mode et du luxe. Mais que représente vraiment cette consommation écoresponsable pour le secteur ? La seconde-main dépassera-t-elle la fast fashion ?

 

 

À une époque où le respect de l’environnement n’était pas au cœur des préoccupations, Robert Dumas, grand-père d’Axel et de Pierre-Alexis Dumas – respectivement gérant et directeur artistique de la maison Hermès – affirmait : « Le luxe, c’est ce qui se répare ». Depuis lors, Hermès répare régulièrement jusqu’à 100 000 pièces dans ses ateliers. Rien que pour ses produits de maroquinerie, la firme compte 80 artisans spécialisés dans leur réparation. Pareillement, J.M Weston répare jusqu’à 10 000 paires par an dans un atelier de sa manufacture de Limoges. Une restauration complète s’effectue en huit semaines car elle suppose le ressemelage du soulier.

 

Cette anticipation du vieillissement des produits et l’accent mis sur leur entretien dans la durée ont été observés dans le milieu universitaire, annonçant un véritable changement à venir pour l’industrie du luxe et de la mode. En ce sens, Aurélia Gualdo, doctorante en anthropologie à l’EHESS, note l’émergence progressive d’une « dimension réparatrice de la mode. » De la même façon, Serge Carreira, maître de conférences à Science Po, précise que « le produit de luxe porte en lui-même une valeur de durabilité qui inclut la réparation […] Or, ces initiatives portées et lancées par le secteur luxe, qui valorise le rapport au temps qui passe et son empreinte sur les produits, commencent à émerger un peu partout dans différents segments de la mode. »

 

De nombreux exemples d’initiatives écoresponsables pourraient illustrer la parole de Serge Carreira. Ainsi, Jean Touitou, le fondateur du label A.P.C., propose depuis dix ans à ses clients de rapporter leur jean usé en échange d’un neuf. L’ancien denim est quant à lui reprisé et réinséré sur le marché. Cette élongation du cycle de vie des produits est une méthode également adoptée par la marque de baskets Veja. Cette dernière a ouvert un espace de cordonnerie écoresponsable à Bordeaux, où il est possible de faire réparer ou recycler sa paire de baskets, quelle que soit sa marque. En lançant ses initiatives, les fondateurs de Veja – François-Ghislain Morillion et Sébastien Kopp – se sont inspirés de Patagonia. Depuis 2017, cette firme de vêtements outdoor durables propose en effet le programme Worn Wear dont le but est de réparer et recycler des vêtements usagés, sans se soucier de leur provenance.

 

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La volonté qui sous-tend toutes ces initiatives est éminemment écologique. Comme l’a rappelé le créateur de sacs Jérôme Dreyfus début septembre, « la protection de la planète n’est pas un business mais un devoir. » La récente apparition de business entièrement centrés sur l’enjeu de la réparation vient pourtant contredire l’affirmation de Jérôme Dreyfus. D’après Marie Macon et Anne-Laure Lesquoy, fondatrices de la marque de patchs brodés chic Maçon & Lesquoy, les entreprises spécialisées comme La Clinique du jean, Superstitch ou encore Sneakers & Chill constituent autant de preuves « que la réparation, en plus de faire du bien, est un métier d’avenir. »

 

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Photo à la Une : © Paul Lesourd.

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