La présence de plus en plus prépondérante du Qatar sur la plus belle avenue du monde interroge tant sur l’impact économique que sur la symbolique de ces acquisitions dans le centre de Paris.
Une étude récente du Monde fondée sur l’examen des registres cadastraux et des transactions publiques révèle que des investisseurs qataris, sous différentes structures familiales et fonds d’investissement, détiennent aujourd’hui plus de 20 % de la superficie bâtie de l’avenue des Champs-Élysées, soit environ 390 mètres de façades commerciales.
Une stratégie d’investissement anciennement bâtie
Les premières acquisitions qataries sur la plus célèbre avenue parisienne remontent à il y a déjà une quinzaine d’années. Profitant d’accords bilatéraux conclus entre la France et le Qatar dans les années 1990, qui permettent alors aux ressortissants qatariens d’être exonérés d’impôts sur les plus-values immobilières ou sur les gains en capital, des familles fortunées du pays du Golfe et le fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA) ont progressivement accumulé des actifs prestigieux de l’avenue des Champs-Elysées.
Deux grosses acquisitions au début des années 2010 ont ainsi lancé l’intérêt qatari pour l’avenue : en 2010, le Qatar effectue un gros investissement pour une somme de 440 millions d’euros dans le bâtiment du 103-111 des Champs-Élysées, actuellement en travaux et destiné à accueillir un projet de Louis Vuitton. Puis en 2012, le QIA enchaîne avec l’immeuble du 52, acquis pour plus de 500 millions d’euros, occupé par le Virgin Megastore jusqu’en 2013 et aujourd’hui remplacé par les Galeries Lafayette et un Monoprix.
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Photo à la Une : © Getty Images
