Pour la quatrième année consécutive, le cabinet de conseil international Bain & Company et l’association représentative du luxe français, le Comité Colbert, ont livré leur rapport annuel autour de la thématique Luxe et Technologie. Après avoir successivement exploré l’adoption des nouvelles technologies, la boutique du futur puis l’intelligence artificielle analytique et générative, il est cette année question des investissements technologiques des acteurs du luxe, lesquels prennent le contrepied de la panne de croissance économique constatée dans le secteur.
Le rapport 2025 Luxe & Technologie réalisé par le Comité Colbert et Bain & Company a mis en avant la part moyenne consacrée au développement technologique par les groupes de luxe européens : 3,1% de leur chiffre d’affaires annuel. Un montant qui peut toutefois varier.
Au global, les niveaux investis vont de 1,9% du revenu à 5,5%. Cependant, Bain & Company constate que la fourchette est la même quelque soit la taille de l’entreprise.
Les montants évoqués restent en effet très liés à l’historique de la société, son modèle opérationnel, mais aussi son mix produit ou encore son architecture tech préexistante.
Toutefois, 60% des acteurs déclarent vouloir augmenter d’au moins 5% d’ici 2 à 3 ans le montant en valeur absolue de leurs investissements technologiques.
Comme chaque année, l’étude inclut un volet quantitatif couplé à un volet qualitatif réalisés auprès d’un panel représentatif du luxe français, composé notamment de Maisons membres du Comité Colbert. L’approche qualitative découle d’entretiens one-to-one avec des dirigeants du luxe (directeurs généraux, directeurs technologiques ou DSI, directeurs financiers et directeurs de la transformation digitale).
En unissant une nouvelle fois leurs forces, le cabinet Bain & Company et l’association française des acteurs du luxe ont cherché à comprendre quelle était la part des dépenses technologiques, l’allocation de celles-ci ainsi que les pistes à privilégier afin d’accélérer et optimiser la transformation digitale.
Mieux contrer la “panne de croissance”
Dans sa revue annuelle de référence réalisée avec Altagamma, l’équivalente italienne du Comité Colbert, Bain & Company a constaté une panne de croissance en 2024 pour les acteurs du luxe, soit un recul de -1%.
Mais si Joëlle de Montgolfier, Executive Vice-President – Global Retail and Luxury Practices chez Bain & Company confirme une certaine morosité pour le secteur, elle nuance le propos : “nous sommes bien sur une courbe qui fléchit mais pas sur un effondrement généralisé du luxe.” Et d’ajouter, “nous prévoyons un exercice 2025 en recul de -2 à -5%”, soit “très largement supérieur à 2019, dernière année de référence du secteur”, avant le COVID.
En effet, malgré la forte volatilité et les turbulences récemment constatées, l’“avenir radieux d’un luxe musclé à la technologie” est toujours au programme. Le marché mondial du luxe estimé à 1500 milliards d’euros en 2024, peut en effet s’attendre à une croissance de 4 à 6% par an sur la période 2024-2030.
Définitivement “plus un sujet d’arrière boutique”
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