Avec plus de 63 000 visiteurs cette année, Wine Paris confirme son rôle de baromètre du secteur. Le Salon international se tenait du 9 au 11 février à Porte de Versailles, présentant les dernières tendances dans les univers des vins, spiritueux et désormais les sans-alcool. Luxus Plus, en partenariat avec l’agence Prélude Paris, étaient dans la salle. Retour d’expérience.
Divisé en trois univers réunis, l’événement est parvenu à attirer pour cette 7ème édition, 8 nouveaux pays (dont la Croatie, la République Tchèque, la Nouvelle-Zélande et l’Allemagne), cumulant un total de 63 pays et 6 500 exposants.
Cette édition 2026 a mis à l’honneur la thématique « La perfection des accords », ou Wine Pairings, sujet à l’honneur du dernier numéro papier de Luxus Magazine. Le Président de la République française s’est lui-même rendu sur place, recevant une cuvée nommée « For Sure ». Au-delà des chiffres, ce sont des signaux qui retiennent l’attention sur les enjeux des vins, spiritueux et notamment la baisse de la consommation d’alcool et les nouvelles habitudes de consommation.
Le Champagne : entre héritage et modernité
Boisson festive par excellence, le champagne occupe une place essentielle dans l’univers des vins, avec de plus en plus de tension entre préservation d’un héritage et réinvention.
La scénographie consacrée à l’univers du Champagne continue de fasciner. Salons feutrés, bars élégants et espaces de dégustation orchestrent les échanges et dégustations.

Nous avons interrogé quelques maisons autour du concept « Une cuvée – Une histoire », comme Piper-Heidsieck et son Blanc de Noirs, jouant la carte du Pinot Noir ; Champagne Palmer & Co qui présentait un Blanc de Blancs issu du Chardonnay de la Montagne de Reims. Champagne Lanson a rappellé son expertise historique dans l’assemblage du rosé à travers le Rosé Création. Champagne Cattier a confié sa cuvée à Raphaël L’Aventure qui a peint 400 bouteilles, toutes uniques pour les 400 ans de la Maison. Enfin, Rare Champagne nous a présenté la cuvée prestige, surnommée « L’Ode à la Joie », en référence au poème de Friedrich Schiller, contemporain de Marie-Antoinette pour laquelle la première cuvée de prestige de Piper-Heidsieck (devenue Rare Champagne) avait été créée.

Dans un autre registre, Champagne EPC bouscule les codes depuis quelques années, avec une traçabilité des terroirs, en collaboration avec des vignerons. Pour sa scénographie à Wine Paris, la marque dénotait par un univers de fête foraine, avec popcorn, néons et grande roue, revendiquant un “Champagne épicurien”.
Entre héritage, valorisation du terroir, mise en avant de cépages de choix, le champagne nous embarque dans un récit, avant même de parler du produit.
Le rosé et l’esthétique provençal
Du côté des rosés, les stands évoquaient la Méditerranée, entre matières naturelles, décor végétal et tonalités solaires.
Miraval confirmait son statut de rosé star, la marque ayant été propulsée par Brad Pitt, en collaboration avec la famille Perrin. Le vin est ici une extension d’un univers culturel.

Pour Château d’Estoublon et sa cuvée Roseblood, c’est Carla Bruni qui incarne la marque pour renforcer son positionnement lifestyle et premium. Elle a d’ailleurs profité de l’événement pour présenter son pétillant sans alcool, L’Excessive, sans désalcoolisation. Soulignons également la présence de Kylie Minogue au Salon, exposant, elle aussi sa gamme de rosés lancé en 2022 avec Château Sainte Roseline, qui inclut deux cuvées sans alcool.
Dans un autre registre, sans recourir à la technique énergivore de la désalcoolisation, Château d’Astros met en avant son savoir-faire viticole et explore de nouveaux territoires en lançant des boissons botaniques infusées d’herbes, à base de pomme. Elle souhaite ainsi préserver son héritage, tout en se diversifiant.
Nouveaux segments et modes de consommation
Une question revient dans les échanges : comment séduire des consommateurs plus jeunes ? Cela passe par l’accessibilité, dans le goût, le prix, le discours et le branding, avec des étiquettes plus expressives. Comme chez Bernard Magrez avec Bordeaux N°12, une gamme pensée pour la Gen Z, avec des codes visuels disruptifs dans le milieu.
L’édition 2026 marquait également un tournant avec trois univers réunis sous un même toit. Créé en 2020, Be Spirits est devenu un Salon autonome, confirmant l’essor des spiritueux. On y retrouvait une cartographie mondiale du secteur et de nouveaux pays comme le Panama, Madagascar ou l’île Maurice, qui mettait en avant des rhums premiums de Saint-Aubin, vieillis dans des fûts de chêne. Au cœur de cet espace, l’Infinite Bar réunissait des bartenders proposant des cocktails signature dans une atmosphère festive, avec des performances de mixologie. Cette année a été le témoin d’une extension de la notion de spiritueux avec l’arrivée de producteurs de bières, cidres, sakés et boissons prêtes à boire, traduisant, là aussi, une évolution des modes de consommation.

La grande nouveauté concernait l’espace Be No : 13 pays répartis sur 600 m² entièrement dédiés aux alternatives sans alcool. On y retrouvait des marques comme Sober Spirits, élue meilleurs spiritueux sans alcool, sans sucre, conçus à partir de vrais spiritueux et passant ensuite par un processus d’extraction. Notons également la présence de French Bloom, avec son positionnement premium, ou encore de Pierre Chavin, pionnier français en vin sans alcool qui revendique « l’art de la différence ». Des acteurs qui répondent à un changement dans les habitudes de consommation: 52% des consommateurs de vins déclarent s’intéresser aux vins sans alcool (source : Terre de Vins – Moderato, 2025). Au-delà de l’abstention, ces acteurs parlent de modération choisie et d’une consommation plus consciente, d’une quête de sens dans le goût.

Wine Paris ne se contente pas de dévoiler des innovations produit. L’événement accompagne les transformations du milieu. Qu’il s’agisse de Champagne, de rosé, de spiritueux ou d’alternative, l’expérience se joue dans l’émotion de la dégustation et des histoires qu’elle permet de partager.
Lire aussi > French Bloom navigue à bord de la cabine La Première d’Air France
Photo à la Une : Miraval © Prelude Paris