A peine sorti de sa procédure de redressement judiciaire entamée en janvier dernier, Saks entame une nouvelle étape de son histoire sous un nouveau nom et un nouveau plan de croissance.
Désormais baptisé Exemplar Luxury Group, le groupe veut tourner la page d’une restructuration radicale en recentrant son activité sur le luxe avec l’ambition d’atteindre 9 milliards de dollars de volume brut de marchandises d’ici 2030.
Une sortie de faillite au prix d’une profonde restructuration
Après près de cinq mois passés sous redressement judiciaire, Saks Global est officiellement sorti de la faillite le 26 juin. Le distributeur américain, propriétaire des enseignes Saks Fifth Avenue, Neiman Marcus et Bergdorf Goodman, opère désormais sous le nom d’Exemplar Luxury Group.
Cette restructuration s’est accompagnée d’un assainissement massif de ses finances : le groupe indique avoir réduit sa dette d’environ 75 % tandis que les anciens actionnaires ont été totalement effacés dans le cadre du plan de réorganisation. Le nouvel actionnariat est désormais dominé par les créanciers ayant soutenu la restructuration, notamment les fonds Pentwater Capital Management et Bracebridge Capital.
Le réseau commercial a également été fortement réduit. Exemplar Luxury Group ne compte plus que 49 magasins, après la fermeture de 62 points de vente à prix réduits, dont 57 magasins Saks OFF 5th et les cinq magasins Neiman Marcus Last Call, ainsi que de 15 magasins traditionnels.
Une stratégie recentrée sur la clientèle la plus aisée
Pour Geoffroy van Raemdonck, directeur général du groupe, la priorité est désormais de renouer avec une clientèle fortunée dans un marché du luxe devenu plus exigeant.
L’entreprise souhaite renforcer son positionnement sur les produits les plus haut de gamme et proposer une expérience davantage personnalisée, en s’appuyant notamment sur ses meilleurs vendeurs et sur les données dont elle dispose concernant ses clients. Cette stratégie vise à restaurer les relations avec les grandes maisons de luxe, mises à mal durant les difficultés financières du distributeur.
Le groupe s’est fixé pour objectif de porter son volume brut de marchandises à 9 milliards de dollars d’ici à 2030.
Le poids d’un rachat devenu insoutenable
Les difficultés de Saks proviennent du rachat de Neiman Marcus, qui avait été conclu en 2024 pour 2,7 milliards de dollars. Cette acquisition a considérablement alourdi l’endettement du groupe au moment même où le marché mondial du luxe ralentissait.
La baisse de la demande associée à une pression croissante sur les marges a rapidement fragilisé la trésorerie de l’entreprise. Les retards de paiement envers certains fournisseurs ont détérioré les relations avec plusieurs grandes marques alors que le groupe a dû mettre fin à certaines initiatives, notamment son partenariat controversé avec Amazon, jugé incompatible avec l’image recherchée par plusieurs maisons de luxe.
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