Charlotte tilbury makeup 2

Puig baisse de régime au premier trimestre

Alors qu’il est en négociations avec l’américain Estée Lauder pour une éventuelle fusion, le groupe catalan de beauté a décéléré début 2026, freiné par son activité Parfums. Il maintient cependant toujours ses objectifs annuels.

 

Alors qu’il étudie toujours un projet de fusion avec son concurrent américain Estée Lauder, Puig a ralenti la cadence au premier trimestre 2026.

 

Avec une croissance organique de +4,7 % (+0,8% en publié) à 1,2 milliards d’euros, le groupe catalan de beauté et de mode a certes de nouveau surperformé le marché de la beauté, et ce pour un huitième trimestre consécutif…

Mieux que le marché et les attentes des analystes

Il aussi fait mieux que les attentes des analystes de J.P. Morgan, qui ne s’attendaient pas à mieux qu’une croissance organique de 2,2% pendant les trois premiers mois 2026.

 

Ses marges d’EBITDA ajusté devraient, elles, rester stables, conformes aux niveaux de 2025 à 20,7% du chiffre d’affaires net.

 

Il n’empêche, cette première croissance trimestrielle de 2026 est aussi la plus faible depuis la pandémie de COVID-19 pour le groupe au large portefeuille de marques et licences de luxe et de niche (Jean Paul Gaultier, Carolina Herrera, Rabanne, Nina Ricci, Christian Louboutin, Banderas, Adolfo Dominguez, Byredo, Charlotte Tilbury, L’Artisan Parfumeur, Penhaligon’s…)

 

Pour rappel, en 2025, Puig avait réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 5,3% en publié (+ 7,8% en comparable) à 5,04 milliards d’euros. Et au quatrième trimestre, sa croissance en comparable, dopée par le maquillage, s’était même envolée de +9,8% à 1,45 milliard d’euros.

 

Un contexte plus tendu pour les Parfums

 

Mais le groupe évolue aujourd’hui dans un contexte plus tendu pour le marché du luxe et de la Beauté, en particulier dans les parfums, sa principale spécialité avec 74% de son chiffre d’affaires (en y incluant la mode).

 

Son pôle Parfums et Mode a ainsi connu une progression (+3,9% en comparable, +0,1% en publié) à 897,2 millions d’euros, moins solide que celles du Maquillage (+9,2% et +3,3% à 170,8 millions d’euros) et des Soins de la peau (+ 4,7% et +2,1% à 147,3 millions d’euros). Le Maquillage a, pour sa part, été porté par Charlotte Tilbury tandis que Uriage et Apivita ont soutenu l’élan des Soins de la peau.

 

Sur le plan régional, Puig a continué de cartonner en Asie-Pacifique, il est vrai son marché le plus modeste. Portée par les fragrances de niche et Charlotte Tilbury, la zone a affiché une croissance en comparable de +26,1% (+17,9% en publié) à 131 millions d’euros.

 

Ralentissement en zones EMEA et Amériques

Les zones EMEA et Amériques ont, en revanche, marqué le pas, avec des croissances de +3% et +1,9% à 656 millions d’euros pour la première et de +2% (-5% en publié) à 428,3 millions d’euros en Amériques. Elles ont en effet été impactées par les conditions macroéconomiques et les effets de change.

 

En zone EMEA, tous les regards sont évidemment tournés vers le Moyen-Orient. Le conflit y aurait d’ores et déjà eu un impact négatif estimé par le groupe à environ 1,2%, lié davantage aux perturbations de l’activité de Travel Retail que de ses marchés locaux. Les performances à Dubaï et en Arabie Saoudite seraient d’ailleurs hétérogènes.

 

Puig reste attentif à l’évolution de la situation, anticipant un impact d’environ 1% au premier semestre en cas de poursuite du conflit.

 

Avec un circuit du Travel Retail, évalué par les analystes à environ un dixième de ses ventes, Puig ferait partie des acteurs de la beauté les plus vulnérables aux flux des voyageurs internationaux dans les aéroports…

 

La direction de Puig a malgré tout souhaité rassurer les investisseurs et affirmé bien gérer la situation.

 

Prévisions 2026 confirmées

 

Le groupe a d’ailleurs confirmé ses prévisions pour 2026, visant à continuer de surpasser le marché du luxe beauté, sans préciser à quelle hauteur. Selon les analystes, la croissance organique devrait être d’environ +4,5%. Puig anticipe par ailleurs des marges d’EBITDA ajustées stabilisées, malgré un environnement de coûts, notamment logistiques, difficile.

 

Pour y parvenir, il prévoit en effet de se concentrer sur la discipline des coûts et la priorisation des investissements.

 

Ceux-ci devraient concerner essentiellement des lancements stratégiques dans les parfums (nouveau fragrance féminine, nouveaux jus chez Jean Paul Gaultier, innovations pour 1 Million et Invictus (Rabanne) et l’essor de marchés majeurs, notamment dans la région APAC, laquelle ne pèse encore que 11 % de ses ventes.

 

Des négociations toujours en cours avec Estée Lauder

 

Enfin, l’avenir de Puig pourrait être lié à celui d’Estée Lauder.

 

En mars dernier, les deux spécialistes de la Beauté avaient en effet confirmé l’existence d’échanges visant à regrouper leurs forces respectives sur un marché mondial de la Beauté plus contraint.

 

Jose Manuel Albesa, nommé en mars dernier nouveau PDG à la place de Marc Puig, resté Président exécutif, a ainsi expliqué que les discussions de fusion étaient toujours “en cours”.

 

Mais le 28 avril dernier, selon le groupe, aucune décision définitive n’avait encore été prise et aucune garantie n’a été donnée quant à la conclusion d’un accord ou à ses modalités…

 

Lire aussi > Estée Lauder et Puig envisagent de fusionner 

 

Photo à la Une : © Charlotte Tilbury

Image de Sophie Michentef
Sophie Michentef
Sophie Michentef a évolué plus de 30 ans dans la presse professionnelle. Pendant une quinzaine d’années, elle a encadré la rédaction France et international du Journal du Textile. Elle met désormais son expertise presse, textile, mode et luxe au service de journaux, organisations professionnelles et entreprises.

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