Les places boursières mondiales évoluent de nouveau en ordre dispersé ce mercredi. Portées par l’espoir d’un apaisement entre Washington et Pékin, elles sont aussi freinées par la prudence avant la décision de la Réserve fédérale américaine.
En Europe, la séance s’est ouverte sur une note hésitante. Le CAC 40 cède légèrement du terrain à 8 200 points, mené par la prudence avant le grand oral de Jerome Powell, le président de la réserve fédérale des Etats-Unis, et les résultats trimestriels de Microsoft, Alphabet et Meta, attendus dans la soirée.
À Francfort, le Dax progresse de 0,13 % tandis qu’à Londres, le FTSE 100 gagne 0,38 %. Du côté de Milan, le Ftse Mib reste quasi stable à +0,08 %.
Un souffle d’optimisme venu d’Asie
Les marchés financiers ont accueilli avec satisfaction la confirmation d’une rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, prévue jeudi dans la ville sud-coréenne de Busan. Pékin a déclaré que ce face-à-face « injecterait un nouvel élan dans le développement des relations sino-américaines », tout en affirmant sa volonté de parvenir à des « résultats positifs ».
Donald Trump a de son côté indiqué s’attendre à la conclusion d’un « accord important » portant sur les droits de douane et la coopération commerciale, après des mois de tensions sur les exportations de terres rares et de produits chimiques liés au fentanyl.
Cet optimisme diplomatique a favorisé un rebond du dollar, qui s’est renforcé de 0,2 % face à un panier de devises de référence, atteignant 98,9 points après plusieurs séances de repli. L’euro recule légèrement à 1,1631 $, tandis que la livre sterling s’échange à 1,3238 $.
Le pétrole s’est également retrouvé dopé par la perspective du rapprochement commercial entre les deux premières économies mondiales, de nature à stimuler la demande en énergie : à l’ouverture ce matin, le Brent avait gagné 22 cents, soit 0,34 %, pour s’établir à 64,62 $ le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a avancé de 20 cents, à 60,35 $.
Le jeu des sanctions face à la Russie
Si les nouvelles géopolitiques concernant la Chine et les Etats-Unis peuvent prêter au soulagement , il n’en est pas de même entre le pays de l’Oncle Sam et la Russie. En fin de semaine dernière, Washington avait annoncé des sanctions visant deux des plus grandes compagnies pétrolières qui « alimentent la machine de guerre du Kremlin », suite au nouveau refus de Vladimir Poutine de mettre un terme au conflit face à l’Ukraine.
Etaient visées Rosneft et Lukoil, qui assurent à elles deux près de la moitié des exportations de brut de la Russie. Washington a finalement annoncé que la filiale allemande du groupe russe Rosneft ne serait pas concernée par les dernières sanctions liées au conflit ukrainien, Berlin ayant assuré que ces actifs n’étaient plus sous contrôle russe.
En parallèle, plusieurs raffineurs indiens ont suspendu leurs nouvelles commandes de pétrole russe dans l’attente de clarifications sur les modalités des sanctions américaines. Certains se tournent vers le marché au comptant pour s’approvisionner, tandis que la société publique Indian Oil a confirmé qu’elle poursuivrait ses achats tant qu’ils resteraient conformes aux règles internationales.
De son côté, le Kremlin a minimisé l’impact des mesures occidentales, affirmant que la Russie continuerait à proposer de l’énergie « de qualité et à bon prix », laissant à ses partenaires le soin de décider de poursuivre ou non leurs achats.
Le luxe se fait discret
Dans le segment du luxe, Moncler accuse la plus grosse baisse du secteur à midi, le titre chutant de – 4,01 %. Cela fait suite à la publication des résultats de son troisième trimestre 2025 marqués par une légère baisse de son chiffre d’affaires : les ventes se sont établies autour de 615,6 millions d’euros, soit un recul d’environ 1 % à taux de change constants par rapport à l’année précédente.
Malgré cela, UBS estime que le troisième trimestre de la marque n’apporte pas d’élément décisif de nature à modifier la perception du marché et a relevé légèrement son objectif de cours à 57 euros (contre 52,5 euros).
Côté spiritueux, Pernod Ricard a annoncé avec succès une émission obligataire en euros d’un montant de 1,2 milliard d’euros, répartie entre deux tranches longues (7 ans et 11 ans) et complétée par un placement privé de 200 millions d’euros à 2 ans. Aux yeux des marchés, cette opération apparaît comme un geste de renforcement financier dans un contexte d’inflation et de coûts élevés, donnant à Pernod Ricard une marge de manœuvre accrue. Malgré cela, l’action perdait -0,71 % à midi.
Les autres titres n’ont pas explosé en bourse ce mercredi midi : LVMH connaît une faible augmentation à 0,18 %, Kering accuse une baisse de -1,11 %, Hermès descend de -0,59 % et L’Oréal recule de -0,38 %.
Lire aussi > [POINT BOURSE] Le luxe plombe le CAC40 tandis que les marchés mondiaux se réfugient dans la prudence
Photo à la Une : © Getty Images