Mcqueen lay off

Kering : retour sur le plan de restructuration au siège d’Alexander McQueen

Le groupe de luxe dirigé par Luca de Meo a confirmé  fin octobre le déploiement d’une révision stratégique dans sa filiale créée par feu Alexander McQueen, avec notamment à la clé, la suppression de 55 postes à son siège londonien.

 

Luca de Meo, le nouveau directeur de Kering, continue le ménage.

 

Après avoir annoncé une alliance de Kering Beauté avec l’Oréal, susceptible d’aboutir à sa cession, le groupe de luxe a confirmé une information du média américain WWD, soit le départ d’ “une révision stratégique » de sa filiale Alexander McQueen.

 

« Dans le cadre d’une révision stratégique complète de nos opérations mondiales, nous restructurons notre siège britannique et réduisons la complexité de nos marchés internationaux », a précisé la Maison. Ce programme, qui comprend la suppression probable de 55 postes au siège londonien, soit 20% des effectifs, vise “à ramener l’entreprise à une rentabilité durable au cours des trois prochaines années ».

 

Transformation stratégique

 

Dans un déclaration transmise à l‘Afp, Kering a expliqué soutenir « pleinement McQueen dans le cadre de sa transformation stratégique”. “Nous sommes convaincus que les mesures prises renforceront la position de la Maison sur le marché mondial du luxe et lui permettront d’être parfaitement en ligne avec ses objectifs stratégiques et ses besoins opérationnels » déclare le groupe.

 

La vente d’Alexander McQueen n’est semble-t-il pas envisagée alors que Luca de Meo, à peine nommé, avait indiqué que groupe devrait « continuer à se désendetter et, “là où cela s’impose, rationaliser, réorganiser et repositionner certaines de” ses marques.

 

Moins attrayante que Kering Beauté…

 

Mais sans doute aurait-elle eu moins de chances que Kering Beauté, filiale surfant sur un marché en plein essor, de trouver un repreneur intéressé…

 

Selon le média nss, “Alexander McQueen est sans aucun doute parmi les marques de Kering, la plus problématique : elle est relativement petite, ne possède ni it-bag, ni activité dans les parfums, ni grand succès critique ou commercial”.

 

Fondée en 1992 par le talentueux mais tourmenté créateur britannique Alexander McQueen, qui signait des défilés aussi spectaculaires que ses silhouettes, la Maison avait intégré en 2001 le groupe Gucci (devenu Kering depuis). Le designer avait ensuite cédé 51 % du capital.

 

De 1996 à 2001, Alexander McQueen avait pris la suite de John Galliano à la direction artistique de Givenchy.

 

En février 2010, le créateur adepte d’un romantisme sombre dans ses créations, avait mis fin à ses jours. Son fidèle bras droit, Sarah Burton, avait pris sa succession à la création. Nommée en 2024 à la direction artistique de Givenchy, elle a été remplacée chez McQueen en octobre 2023 par Seán McGirr.

Une division qui a “freiné sa descente”

 

Toujours plombé par sa Maison-phare Gucci, qui peine à se redresser, Kering a dévoilé mercredi 22 octobre un chiffre d’affaires en chute de 10% en données publiées (-5% en comparable) à 3,4 milliards d’euros au troisième trimestre .

 

Et si le chiffre d’affaires d’Alexander McQueen n’est pas ventilé, il fait partie de la division « Autres Maisons », comprenant de la mode (Alexander McQueen donc et Balenciaga, Brioni…) et de la joaillerie (Boucheron, Pomellato, Qeelin), qui a freiné sa descente. Alors que son chiffre d’affaires avait chuté fortement de 14% en comparable à 1,5 milliard d’euros au premier semestre, celui-ci a progressé de 1% (avec encore un recul de 5% en données publiées) à 652 millions d’euros au troisième trimestre.

 

Nous travaillons sans relâche à notre redressement, comme en témoignent nos récentes décisions.” avait souligné Luca de Meo lors de la publication de ces derniers résultats. Si elle n’est pas majeure dans les comptes de Kering, la restructuration d’Alexander McQueen démontre que rien ne devrait échapper à l’œil tranchant du directeur général.

 

Lire aussi > [Petite Histoire du Luxe] Le crâne d’Alexander McQueen, un motif aussi funeste que fascinant

 

Photo à la Une : © McQueen

Image de Sophie Michentef
Sophie Michentef
Sophie Michentef a évolué plus de 30 ans dans la presse professionnelle. Pendant une quinzaine d’années, elle a encadré la rédaction France et international du Journal du Textile. Elle met désormais son expertise presse, textile, mode et luxe au service de journaux, organisations professionnelles et entreprises.

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