Le groupe champenois Vranken-Pommery est entré en négociations exclusives avec Lanson-BCC, pour vendre à sa filiale Maison Burtin, la marque Heidsieck & Co Monopole.
Le protocole devant formaliser cette cession devrait être signé le 1ᵉʳ octobre 2025, sous réserve de l’approbation des Conseils d’Administration des deux Maisons concernées.
La cession ne porte que sur les titres de la société Heidsieck & Co Monopole. Aucun autre actif tel que les stocks, vignobles, contrats de raisin ou installations physiques n’est explicitement concerné. Par ailleurs, l’absence de transmission des stocks ou des autres actifs peut rendre l’exploitation de la marque plus complexe pour l’acheteur. Il faudra s’assurer que Maison Burtin dispose des capacités logistiques, contractuelles et commerciales pour continuer à produire, distribuer et valoriser la marque efficacement.
Pourquoi ce désengagement de Vranken-Pommery ?
Le secteur du champagne traverse une période de pression concurrentielle, notamment dans les marchés de grande distribution et sur les gammes les plus accessibles. Face aux coûts de production, aux coûts liés à la viticulture durable mais aussi à la volatilité des prix des raisins, les Maisons sont amenées à redéfinir leurs objectifs.
La transaction s’effectue ainsi dans une stratégie de recentrage et de désendettement pour Vranken-Pommery. Les comptes du groupe montrent en effet un endettement financier net élevé : fin 2024, celui-ci s’établissait à environ 635,5 millions d’euros selon les comptes consolidés, tandis que le chiffre d’affaires du groupe était de 304 millions d’euros.
Le prix de vente envisagé pour la marque Heidsieck & Co Monopole se situerait autour de 130 millions d’euros. Cette cession permettrait ainsi au vendeur de réduire significativement ses frais financiers, avec un gain annuel estimé à « 5 à 7 millions d’€ ».
Par ailleurs, Vranken-Pommery souhaite recentrer son image et ses efforts sur sa marque phare Pommery, dans une logique de premiumisation. La vente d’Heidsieck & Co Monopole s’inscrit donc dans un cadre plus large de désengagement d’actifs non jugés stratégiques, qui pourrait inclure la cession de foncier ou d’immobilier.
Un levier pour rivaliser avec les géants du champagne
Lanson-BCC regroupe huit Maisons de champagne : Lanson, De Venoge, Philipponnat, Boizel, Chanoine Frères, Maison Burtin, Domaine Alexandre Bonnet, et Besserat de Bellefon. Parmi elles donc, Maison Burtin, fondée en 1933 à Épernay, dispose d’un site de production historique, avec des certifications de normes de qualité telles que IFS, BRC, et Ecocert.
Au-delà de l’aspect commercial, celle-ci pourrait ainsi utiliser cette acquisition pour associer la notoriété d’Heidsieck & Co Monopole à une démarche environnementale plus visible, améliorant ainsi l’image globale du groupe sur un marché où les attentes en matière de responsabilité sociétale ne cessent de croître.
Avec cette acquisition, Lanson-BCC espère également réduire l’écart avec les poids lourds du secteur, à commencer par LVMH, leader incontesté du champagne avec des Maisons comme Moët & Chandon ou Veuve Clicquot, et Laurent-Perrier, qui occupe la troisième place derrière Vranken-Pommery. En rachetant Heidsieck & Co Monopole, Lanson-BCC, actuellement numéro quatre, consoliderait son portefeuille pour mieux rivaliser avec ces géants sur un marché où la concentration s’accélère et où la bataille pour les parts de marché s’intensifie, notamment à l’international.
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Photo à la Une : © Vranken-Pommery