Visant à imposer les plus hauts patrimoines, la Taxe Zucman vient de faire l’objet d’un échange vif entre Bernard Arnault, le PDG de LVMH et son auteur, l’économiste Gabriel Zucman. Rejetée au niveau mondial lors du dernier G20, le principe de cette taxe avait fait l’objet en France, au premier semestre 2025, d’une proposition de loi, adoptée par le Parlement mais rejetée par le Sénat.
Décidément, la taxe Zucman suscite des réactions passionnées. Et Bernard Arnault ne s’est pas gêné pour dire tout le mal qu’il pensait non seulement de ce concept d’imposition minimal des hauts patrimoines, mais aussi de son auteur, Gabriel Zucman.
« On ne comprend pas les positions de monsieur Zucman si l’on oublie qu’il est d’abord un militant d’extrême gauche, a ainsi vertement critiqué dans une déclaration au Sunday Times publiée samedi 20 septembre le PDG de LVMH. À ce titre, il met au service de son idéologie, une pseudo compétence universitaire qui elle-même fait largement débat ».
Mettre à terre l’économie française
« Il ne s’agit ni d’un débat technique ni économique, mais bien d’une volonté clairement formulée de mettre à terre l’économie française », a-t-il encore dénoncé, confiant encore ne pas » croire que les forces politiques françaises qui dirigent, ou ont par le passé dirigé le pays, puissent prêter la moindre crédibilité à cette offensive mortelle pour notre économie ».
Première fortune française et septième mondiale selon le magazine Forbes, avec un patrimoine à 154 milliards de dollars, Bernard Arnault ne comprend pas comment Gabriel Zucman peut le » mettre directement en cause” alors qu’il est “certainement le tout premier contribuable à titre personnel et l’un des plus importants à travers les sociétés » qu’il dirige.
La réplique de Gabriel Zucman n’a pas tardé.
« Bonjour M. Bernard Arnault, la fébrilité n’autorise pas la calomnie » a-t-il posté dès samedi soir sur X, se disant par ailleurs “très surpris par le caractère caricatural des “attaques” dont il a fait l’objet. “Vos propos me visant sortent du domaine de la rationalité et sont sans fondement », a-t-il estimé.
Gabriel Zucman a expliqué n’avoir « jamais été militant dans aucun mouvement ni encarté dans aucun parti” et n’avoir “pour seule activité que” son “travail de chercheur et d’enseignant« . « Bernard Arnault a tort de remettre en cause mes qualifications professionnelles en parlant à mon égard de ‘pseudo-compétence universitaire. Avec la montée du trumpisme, j’ai vu fleurir ce discours dénigrant les savoirs et la recherche aux Etats-Unis », a-t-il encore regretté.
Respect de la vérité et des faits
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