Le groupe Dolce & Gabbana vient d’annoncer la démission en décembre dernier de Stefano Gabbana à la présidence de la Maison de mode qu’il avait co-fondée avec son compagnon de l’époque, Domenico Dolce. Ce départ, purement managérial, largement commenté par la presse, intervient alors que la griffe italienne rencontre de vives tensions financières.
Dolce sans Gabbana ?
Ce 10 avril, Dolce & Gabbana vient de rendre public le départ de Stefano Gabbana à la tête de la présidence de la Maison de mode devenu groupe de luxe, qu’il avait cofondé en 1985 à Legnano avec son double créatif Domenico Dolce.
Cette démission de la présidence du groupe est intervenue en décembre, l’intéressé ayant cédé la place un mois plus tard à Alfonso Dolce, le frère de Domenico et actuel directeur général de la griffe italienne au style baroque.
Pour autant et contrairement à certaines rumeurs persistantes, ce même Stefano Gabbana n’a pas posé les ciseaux au sein de l’entreprise.
Pilier créatif de la Maison
Le luxe est affaire de transmission. Le secteur a déjà eu l’occasion de trouver des solutions pour que les Maisons survivent à leurs fondateurs, dès lors qu’ils étaient les seuls à la création.
Mais quid d’un duo de créatifs qui se séparerait ? Une Maison pourrait-elle y survivre, sans perdre son âme ?
En l’espace de 41 ans, les deux hommes sont parvenus à propulser leur vision audacieuse et glamour de la mode sur la scène mondiale et à édifier un groupe familial de premier rang. Au point de faire de leur fil rouge créatif, l’élégance de la madone sicilienne, un emblème du luxe made in Italy. Alors Dolce sans son Gabbana, a-t-il encore du sens ?
La question, suffisamment critique, a commencé à émerger ces derniers jours, au point que le groupe italien a dû rapidement démentir un départ pur et simple de celui qui fut l’un des géniteurs et héros d’un groupe ayant généré un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros, en 2025.
« Dans le cadre d’une évolution naturelle de sa structure organisationnelle et de sa gouvernance, le groupe Dolce & Gabbana confirme que Stefano Gabbana a présenté sa démission, avec effet au 1er janvier 2026, de ses fonctions au sein de Dolce & Gabbana Holding Srl, Dolce & Gabbana Trademarks Srl et Dolce & Gabbana Srl », a déclaré la société dans un communiqué publié vendredi.
Si Alfonso Dolce a repris la présidence de l’entreprise, Stefano Cantino, ancien pdg de Gucci, serait pressenti pour un rôle clé dans la nouvelle gouvernance du groupe transalpin.
« Ces démissions n’ont absolument aucune incidence sur les activités créatives menées par Stefano Gabbana pour le compte du groupe », a précisé la société.
Période mouvementée
L’officialisation du départ de Stefano Dolce de la présidence du groupe intervient alors que, selon des sources proches du dossier, de nouvelles discussions avec les créanciers doivent évoquer un refinancement de la dette de 450 millions d’euros. Les banques, de leur côté, préconisent une injection de 150 millions d’euros.
Afin de renforcer ses liquidités, l’entreprise italienne envisage la vente d’actifs y compris immobiliers voire le renouvellement de licences.
De son côté, le principal intéressé, Stefano Dolce, entrevoit d’autres options au sujet de sa participation estimée à environ 40% du capital dans la société.
La Maison reste d’ailleurs entre les mains de ses fondateurs dans la mesure où son double créatif, Domenico Dolce, détient une part équivalente (40%). Le reste du capital est quant à lui réparti entre les membres de la famille Dolce.
Audacieuse dans ses choix stylistiques, Dolce & Gabbana l’est également dans ses prises de parole et n’a pas été épargnée ces dernières années par une série de scandales médiatiques.
Ainsi, en 2015, le duo a vu sa cote de popularité sérieusement écornée suite à leurs déclarations dans la presse italienne sur les familles homoparentales. Plus récemment, en 2018, la Maison italienne a été contrainte d’annuler son défilé prévu à Shanghai sur fond d’une campagne promotionnelle assimilée par les internautes à du racisme et un dénigrement de la culture chinoise. La même année, des messages attribués à Stefano Gabbana publiés sur les réseaux sociaux ont provoqué des réactions négatives et entraîné des appels au boycott.
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Photo à la Une : © Dolce & Gabbana