Après un passage éphémère à la direction de Gucci, le dirigeant italien se voit offrir une nouvelle opportunité de remettre à flots une Maison italienne emblématique. Il pourra s’appuyer sur son expertise forgée chez Prada et Louis Vuitton.
Déjà annoncée par la rumeur, la nomination de Stefano Cantino, l’ex directeur général éphémère de Gucci, en tant que co-Ceo de Dolce&Gabbana (D&G), a été confirmée.
Il exercera ses fonctions aux côtés d’Alfonso Dolce, qui occupe aussi les responsabilités de président depuis que Stefano Gabbana a démissionné de cette fonction en janvier dernier. Le cofondateur de la Maison milanaise, en 1985, avec Domenico Dolce, a cependant gardé son rôle à la création.
Nouvelle phase de croissance pour Dolce & Gabbana
Dans un communiqué, Alfonso Dolce, frère de Domenico, s’est dit « ravi” d’avoir à ses “côtés Stefano Cantino dans cette nouvelle phase de croissance et de développement de Dolce & Gabbana ».
« Diplômé en sciences politiques de l’université de Turin, Stefano Cantino rejoint Dolce & Gabbana après s’être forgé une solide expérience professionnelle au sein d’entreprises telles que Prada, Louis Vuitton et Gucci, où il a occupé des postes à responsabilité croissante à l’échelle mondiale dans divers domaines », souligne D&G dans un communiqué.
Le parcours de Stefano Cantino au sein de Maisons appartenant à de grands groupes de luxe (notamment Kering et Lvmh), lui permettra d’apporter une vision structurée à la société italienne encore familiale.
Long passage chez Prada, plus bref chez Louis Vuitton et éphémère chez Gucci
Stefano Cantino a évolué pendant deux décennies, de 1998 à 2018, au sein de son compatriote, le groupe Prada, d’abord comme directeur marketing puis comme directeur de la communication et des relations extérieures du groupe et enfin, directeur de la communication, du marketing et du développement business du groupe.
De 2018 à 2024, pendant presque six ans, il avait rejoint Lvmh en tant que Senior Vice President Communication et Événements chez Louis Vuitton.
Et ce, avant d’être appelé début 2025 à la direction générale de Gucci, alors en pleine relance. Son passage avait cependant été éphémère puisqu’après seulement neuf mois à ce poste, il avait été remplacé par Francesca Bellettini, jusqu’alors directrice générale adjointe de Kering, chargée du développement des Maisons du groupe. Stefano Cantino avait alors été victime d’un remaniement managérial impulsé par Luca De Meo, qui venait d’arriver aux manettes du groupe de luxe français.
En entrant chez Dolce & Gabbana, Stefano Cantino bénéficie d’une nouvelle opportunité de remettre sur les rails une Maison italienne prestigieuse, confrontée, elle aussi, à des difficultés financières et en quête d’un nouveau souffle.
Vers une entreprise de Lifestyle
« L’arrivée de Stefano Cantino s’inscrit dans la trajectoire de croissance de Dolce & Gabbana, portée par l’évolution de son modèle organisationnel, qui est passé d’une marque de mode à une entreprise de lifestyle« , souligne ainsi le groupe dans son communiqué.
« C’est un honneur pour moi de rejoindre Dolce & Gabbana, une marque qui représente l’excellence italienne dans le monde entier », a déclaré, de son côté, Stefano Cantino.
Sa mission n’aura cependant rien d’un long fleuve tranquille.
Contexte financier délicat
Le départ récent de Stefano Dolce de la Présidence du groupe est en effet intervenu dans un contexte financier délicat pour l’entreprise. Après déjà une injection de 450 millions d’euros l’année dernière, elle chercherait aujourd’hui à lever de nouveau 150 millions d’euros de capitaux frais…
Stefano Gabbana envisagerait lui-même de vendre sa participation de 40 %. Domenico Dolce détient une part analogue, les 20% restant étant dans les mains d’autres membres de la famille Dolce.
Selon le média Meet & Match, la nomination de Stefano Cantino “s’inscrit dans un contexte de pression accrue sur les maisons indépendantes”.
“Face à des acteurs comme LVMH ou Kering, capables d’absorber les cycles économiques et d’investir massivement dans les réseaux de distribution, la question n’est plus uniquement celle de la créativité ou de l’image, mais celle de la capacité à exécuter à grande échelle sans dilution de l’identité, souligne le média, Dans cette architecture, Alfonso Dolce incarne la continuité entrepreneuriale et la mémoire du groupe, tandis que Cantino introduit une capacité d’industrialisation du modèle”.
Logiques d’exécution rigoureuses
Toujours selon le média, “l’enjeu pour le tandem sera de transformer une maison historiquement fondée sur l’intuition créative en une organisation capable de piloter sa croissance avec précision, notamment sur les zones à fort potentiel”, soit “l’Asie, le Moyen-Orient et certaines poches de croissance en Amérique du Nord”. Car celles-ci exigent, en effet, “des logiques d’exécution extrêmement rigoureuses : maîtrise du clienteling, excellence opérationnelle en flagship, cohérence des activations locales avec une stratégie globale”.
Pendant l’exercice 2024-2025 (clos fin mars), Dolce & Gabbana aurait réalisé un chiffre d’affaires en hausse d’environ +4 % à environ 1,9 milliard d’euros. Mais la société, non cotée, a aussi souffert d’une perte nette significative, oscillant entre 117 et 143 millions d’€ selon les sources.
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Photo à la Une : © Dolce & Gabbana