[LIFESTYLE] Paris Fashion Week : chez Dior, Jonathan Anderson ouvre la boîte de Pandore

Ce 1er octobre, Jonathan Anderson a livré sa vision de la femme Dior au jardin des Tuileries. Une vision empreinte de ses souvenirs chez Loewe comme de ses racines nord-irlandaises. Que les esprits chagrins se rassurent, si l’effet de surprise a été largement éventé par les clichés pris ça et là lors de précédents tapis rouges, le nouvel homme fort de Dior réussit le principal : faire oublier l’univers lifestyle de sa prédécesseure Maria Grazia Chiuri.

 

Le défilé Dior homme présenté en juillet dernier aux Invalides avait déjà livré quelques obsessions de Jonathan Anderson (capes à motifs pieds-de-poule, jeu de volumes, toile denim, excédent de tissus…) , dont certaines héritées directement de ses douze années d’expériences à la tête de la création chez Loewe

 

Ce faisant, l’effet de surprise apparaît moins manifeste que pour sa toute première collection en cette ère d’hyper connexion. Dans ses bagages, le créateur a toutefois eu la bonne idée d’amener certaines des muses qui l’habitaient au sein de la Maison espagnole de mode et accessoires, à savoir Greta Lee, Taylor Russell et Sophie Wilde. 

 

Du côté de la création, Jonathan Anderson est clairement parvenu à restaurer une image de grande Maison à l’esprit couture avec des silhouettes sophistiquées et des étoffes précieuses. 

 

Comme évoqué dans notre précédent article, les hommages à l’héritage du fondateur sont légion, tout comme les clins d’œil à ses racines irlandaises.  

 

Boîte de Pandore

 

La première chose spectaculaire dans ce défilé est très clairement la scénographie. Ici, les invités se retrouvent en cercle dans une pièce évoquant le Carrousel du Louvre autour d’un écran en forme de pyramide inversée grise. 

 

Les invités – dont Jisoo du groupe Blackpink, la chanteuse Rosalia et l’actrice Jennifer Lawrence –  se retrouvent soudain plongés dans l’obscurité. Au pied de la pyramide télévisuelle, une authentique boîte Dior de forme carrée s’ouvre en direct. 

 

A ce moment précis, des images d’archives de la Maison Dior, dont celles des Trente Glorieuses, contemporaines du fondateur Christian Dior, surgissent sur l’écran. Cette activité soudainement échappée d’une boîte rappelle la jarre que Pandore ouvre par mégarde dans le mythe antique d’Hésiode, libérant toutes sortes de maux et de calamités. Au lieu de cela, la boite libère ici la beauté et plus précisément cet équilibre subtil entre « harmonie et tension« . 

 

Puis, les choses s’emballent, les souvenirs se mélangent, se fragmentent jusqu’à donner l’impression d’une implosion en direct dans un bruit assourdissant avec l’imperfection vidéo d’un effet glitch. 

 

Ce déluge d’images et de sons cède la place au silence. 

 

Soudain, la lumière se rallume pour laisser apparaître une pyramide inversée donnant l’impression de se refléter dans le sol, à l’effet marbre mais aux motifs joailliers. La métaphore semble évidente, après la boîte de Pandore ou la patiente plongée dans les archives de la Maison, nous voici bel et bien au cœur du joyau du groupe LVMH, Dior. 

 

Réminiscences dioresques

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Lire aussi > Le mystère Jonathan Anderson dévoilé ou la culture Dior ravivée

 

Photo à la Une : © Christian Dior Couture

Image de Victor Gosselin
Victor Gosselin
Victor Gosselin is a journalist specializing in luxury, HR, tech, retail, and editorial consulting. A graduate of EIML Paris, he has been working in the luxury industry for 13 years. Fond of fashion, Asia, history, and long format, this ex-Welcome To The Jungle and Time To Disrupt likes to analyze the news from a sociological and cultural angle.

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