Après avoir créé les chaussures du film mode et pop Marie Antoinette de Sofia Coppola en 2006, le chausseur espagnol Manolo Blahnik revient à sa passion royale grâce au Victoria & Albert Museum. Ce retour prend la forme d’une collection capsule s’inspirant de l’élégance, de l’hyper féminité et de l’audace rococo de la dernière reine de France, laquelle est mise en valeur par le célèbre musée londonien qui lui consacre une exposition jusqu’au 22 mars 2026.
This, madame… is Versailles!
Une réplique culte assénée lors du lever royal par la maitresse du protocole acariâtre rapidement éjectée, issue du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola rappelant la révolution de Palais qu’a impulsée la dernière reine de France et épouse de Louis XVI, jetant un vent de liberté dans l’étiquette en vigueur à Versailles, le style vestimentaire et capillaire ou encore dans les arts.
La collection capsule à chausser en édition limitée que propose Manolo Blahnik se veut le reflet du style opulent et raffiné, parfois même extravagant, associé à la reine française.
Une collection à retrouver dès maintenant et en exclusivité en boutique et sur le site e-commerce de la célèbre marque de souliers.
Féminité faite reine
Quintessence du style français du XVIIIe siècle, Marie Antoinette a frappé les esprits et les conventions à son arrivée à Versailles, après avoir été déracinée de son Autriche natale à 15 ans et mariée au roi Louis XVI à 18 ans, accédant ainsi au trône de France.
La collection capsule que présente Manolo Blahnik s’inspire de son univers visuel, que ce soient ses meubles précieux, ses bijoux raffinés, son utilisation créative du maquillage ou encore la roseraie emblématique de son domaine. On y retrouve les teintes pastel (bleue et rose notamment) et sucrées qu’elle affectionnait tant, ainsi que des symboles de préciosité pour l’époque redevenus tendances comme des nœuds délicats, des rubans plissés et des ornements exquis.

Le tout est revisité sous l’œil espiègle du créateur espagnol. Il faut dire que Manolo Blahnik a toujours été fasciné par ce véritable personnage de roman et n’en est pas à son coup d’essai.
C’est en effet lui que la production du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola de 2006 était venu chercher pour tenter l’impossible : recréer quarante paires de chaussures inspirées de l’époque. Manolo Blahnik s’était alors plongé dans ses souvenirs d’enfance et notamment un roman lu par sa mère, des livres sur les costumes d’époque ou encore la connaissance étendue du XVIIIe siècle de Karl Lagerfeld.
Pour sa collection capsule, le créateur dévoile onze modèles allant des bottines aux mules en passant par des sandales à brides et des escarpins plats. Lesquels ne sont jamais très loin de l’histoire personnelle de la reine comme de l’exubérance des arts décoratifs de l’époque. « Les chaussures racontent l’histoire de Marie-Antoinette, depuis l’apprentissage de la « démarche versaillaise » en mules à talons hauts lorsqu’elle était adolescente jusqu’à la perte d’une chaussure alors qu’elle montait à l’échafaud », confie au magazine W, Sarah Grant, la conservatrice de l’exposition Marie Antoinette Style.
Et ça commence par les noms à consonance française des modèles de chaussures, chacun évoquant le goût de la reine pour les spectacles, les petites douceurs et l’art : Nattier, Palissot, Clementel, Mérode, Fontette…
On retrouve son goût pour les teintes gourmandes, les nœuds des corsets nécessaires aux robes à paniers ou encore le vert tapisserie des modèles Mérode et Hebes qui évoque les lourdes tentures de ses résidences familiales (Hofburg et Schonbrunn), tandis que les rosettes rappellent les jardins royaux de Versailles.

Certains reconnaîtront dans la broche noire semblable à un bijou, un clin d’œil au célèbre collier qui signera sa perte, lui collant l’image auprès d’un peuple affamé de « l’autrichienne », dépensière, frivole et infidèle. Le nom Clementel comme les rubans noirs qui ornent le modèle Palissot évoquent la fin tragique de la reine sur la guillotine, le 16 octobre 1793, place de la Concorde, à Paris.
Préciosité et savoir-faire oblige, chacune des paires de chaussures en édition limitée de Manolo Blahnik est livrée avec un sac de protection spécial.

La sortie de la collection capsule coïncide avec l’exposition « Marie Antoinette Style » que consacre le Victoria & Albert Museum de Londres à cette proto-influenceuse de mode jusqu’au 22 mars 2026, présentant quelques 250 objets, certains lui ayant directement appartenu, d’autres s’inspirant de sa légende et notamment six modèles de chaussures créés par Manolo Blahnik pour le film de Sofia Coppola et qui n’ont rien à envier au détail anachronique des baskets hautes Converse rouges que la reine, campée par Kirsten Dunst, chaussait alors pour chasser le spleen.
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Photo à la Une : © Manolo Blahnik