Le 4 Mars 2026, la Fashion Week de Paris a donné lieu aux débuts attendus du successeur d’Olivier Rousteing chez Balmain. Pour ce défilé Automne-Hiver 2026, Antonin Tron a réalisé en 54 silhouettes un retour aux sources de la Maison parisienne avec une touche de “minimalisme opulent”.
Qui a dit que le Quiet Luxury était mort ?
Certainement pas Antonin Tron, transfuge de Saint Laurent et fondateur du label mode pointu Altein, catapulté à la tête de la création de Balmain depuis novembre dernier.
Retour vers les archives
Pour toute nouvelle ère créative, une Maison de mode dispose de trois possibilités pour sacrer son nouveau directeur artistique : la continuité, la rupture ou celui qui nous intéresse ici : le retour aux sources.
Ex-Saint Laurent, Antonin Tron sait l’importance de l’héritage créatif, surtout quand la comparaison avec un illustre prédécesseur comme Olivier Rousteing, réputé autant pour ses créations que ses prises de parole, s’annonce inévitable.
Évidemment, l’empreinte des figures d’un passé pas si lointain est bien visible. La palette militaire faite de vert kaki et les épaules marquées rappellent sans le moindre doute la Balmain Army de l’ère Rousteing, tandis que les traces rock d’un Christophe Decarnin (pré-Rousteing) affleure avec du cuir, des pantalons slim, quelques vestes militaires et des imprimés félins.
Pour le reste, le souvenir du fondateur s’avère plus prégnant que les années précédentes avec des silhouettes inévitablement plus “intellectuelles” et “sobres” comme pour signifier l’avant-goût d’une renaissance plus radicale à venir. Le jeune designer a trouvé une façon astucieuse de marquer son territoire avec la notion de “minimalisme opulent”.
Cette plongée contemporaine dans les archives de Monsieur Pierre Balmain n’en est pas moins une prouesse eu égard à la durée de gestation de la collection : trois mois seulement depuis la nomination d’Antonin Tron en novembre dernier !
Pièce maîtresse en ouverture et visible tout le long du défilé, le blouson aviateur se taille une place de choix. Comme un écho à la proximité du 8 mars (Journée mondiale des droits des femmes) et à son lot d’hommage aux modèles inspirants d’hier et d’aujourd’hui, Antonin Tron a choisi de faire ainsi référence à Danielle Décuré, première femme pilote d’Air France. Autant dire une figure qui “dut surmonter deux crashs et un sexisme générationnel pour poursuivre son rêve, jusqu’à prendre son envol en 1975”. Le fondateur, Pierre Balmain, lui a ainsi dessiné un uniforme spécialement dédié.
Tout aussi méconnu dans l’histoire de la Maison, les détails animaliers font aussi partie de ses emblèmes. Antonin Tron ne se contente toutefois pas de ressusciter le passé : il revisite ces motifs félins notamment en perles caviar.
L’évocation animale est d’ailleurs omniprésente avec des effets crocodile sur un manteau, une jupe, une chemise ou encore des bottes. Ces derniers ont été réalisés pour l’occasion à partir d’une mosaïque de panneaux de cuir avant d’être soulignés de bordures en perles caviar.
Autre vestige du passé de la Maison, des jacquards cloqués aux motifs de volutes de fumée tout comme des jacquards de soie, ont également été développés.
Autre astuce du créateur actuel, le manque de luminosité lors du défilé a créé des effets trompe-l’œil au niveau des coloris des peaux suédées. Ainsi, un banal noir, s’est révélé être, en fait, un rouge sang-de-bœuf, un vert profond voire un bleu nuit.
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Photo à la Une : © Balmain
