Le 8 avril, s’est achevée la New York Session printanière de Phillips. A cette occasion, la Maison de vente aux enchères réputée pour ses collections horlogères de prestige, a signé un partenariat avec l’entreprise d’assurance spécialisée WonderCare, dernière née du serial entrepreneur canadien et collectionneur, Kevin O’Leary.
Président de Leary Ventures et Beanstox, Kevin O’ Leary a fait fortune dans l’univers du logiciel grand public. Il s’est également taillé une belle réputation comme fervent collectionneur de garde-temps hors de prix.
En 2024, il a l’idée de lancer la première société d’assurance pensée pour les collectionneurs de montres.
Deux ans après son lancement, WonderCare – c’est son nom – vient de signer un nouveau coup d’éclat en devenant le partenaire de la vente en ligne New York Session Spring 2026 de Phillips, épicentre des ventes aux enchères de montres de prestige depuis 2015.
Assurance multirisque et sans frontières
Les dernières New York Sessions de Phillips ont une nouvelle fois consacré la fabrication indépendante, la complexité mécanique et la provenance plutôt que la simple notoriété de la marque. Le lot phare de cette édition printannière, une F.P. Journe Centigraphe Souverain, dont l’estimation se situait entre 80 000 et 160 000 dollars, a atteint 355 600 dollars, soit plus du double de son estimation haute. De leurs cotés F.P. Journe, une Automatique Lune Havana a atteint 190 500 dollars tandis que Audemars Piguet Royal Oak Perpetual Calendar a été adjugée à 139 700 dollars, les plaçant respectivement à la deuxième et troisième place du podium.
C’est cette occasion qu’a choisi la Maison de ventes aux enchères et ventes privées pour s’associer à la couverture d’assurance en temps réel Wondercare, laquelle offre une procédure simplifiée aux collectionneurs désireux de protéger leurs nouvelles acquisitions. Sa mise en œuvre s’appuie sur le savoir-faire de Bacs & Russo.
Intégré à l’expérience de Phillips, WonderCare permet déjà aux acheteurs américains d’accéder à des devis en temps réel, à la gestion numérique des polices d’assurance et à une couverture mondiale, le tout avec le soutien du consortium d’assurance et de réassurance Chubb.
Ainsi, la dernière née de Kevin O’Leary se propose de moderniser l’expérience de collectionnisme. D’un côté, cette nouvelle offre permet à Phillips d’ajouter une fonction servicielle à son expérience d’achat. De l’autre, WonderCare peut ainsi se placer à un moment clé du cycle de vie produit pour lever les freins, l’acquisition.
Sur son site, la plateforme se présente comme une assurance tous risques adaptée aux nouveaux usages de la clientèle de luxe. Elle offre ainsi une protection contre la perte, le vol ou les dommages sans franchise, contrairement aux polices d’assurance habitation classiques limitées à 5 000 dollars, voire moins.
Réponse à un besoin pressant
Acheter la montre de ses rêves aux enchères n’a jamais été un problème, pourvu que l’on ait l’argent nécessaire. En revanche, l’assurer s’annonce bien plus complexe.
Un comble dans un monde de plus en plus incertain, où les belles montres attirent les convoitises et où les réseaux sociaux font de leurs porteurs des proies faciles chez eux comme en pleine rue.
Une étude de la start-up franco-suisse Grace publiée fin 2025 citait d’ailleurs la peur du vol, de la perte et du dommage comme le principal frein à l’achat d’un produit de luxe (51% des sondés).
Grand collectionneur, Kevin O’Leary en a fait les frais. Comme beaucoup, il avait souscrit des avenants à sa police d’assurances habitation (riders, chez les américains) et portant sur des montres, bijoux et œuvres d’art.
L’année suivant un vol, il découvre que sa police d’assurance habitation a flambé, alors même que seules des montres ont disparu et que le bien immobilier n’a subi aucun dommage substantiel.
Il met alors le doigt sur un problème endémique jamais traité par l’industrie jusqu’à présent : comment se fait-il qu’en cas de vol d’une pièce de collection, cette dernière voit sa valeur dépréciée alors que ce devrait être le contraire.
“La plupart des contrats d’assurance habitation ou bon nombre d’entre eux prévoient une dépréciation de la valeur du bien assuré. Dans le cas d’une montre comme une Daytona de chez Rolex, le prix devrait s’apprécier d’année en année. Or, vous ne pourrez pas la remplacer si vous la perdez dans cinq ou dix ans, ni si elle est vous est volée dès le lendemain de l’achat.”
Fort de ses 8 millions de followers sur l’ensemble de ses plateformes, l’homme d’affaires souhaite sensibiliser son audience et voir si on peut y trouver une opportunité business. Le résultat ne se fait pas attendre : sur les 800 requêtes qu’il attendait de son spot sponsorisé de 15 secondes, il en récolte… 3500 !
Ainsi, après trois années de développement, WonderCare voit le jour en 2024.
Son principe consiste à permettre aux collectionneurs de montres d’assurer une partie de leurs collections pour un coût annuel de 1,7% à 2,1% de sa valeur.
“Nous nous distinguons en nous concentrant avant tout sur l’expérience de bout en bout des amateurs de montres, et nous nous développons vers d’autres actifs de luxe tels que la joaillerie fine, les sacs à main de créateurs, l’art et les objets de collection.” explique son site.
Comme se plaît à le répéter le fondateur, son assurance n’a de sens que pour les propriétaires qui n’ont pas mis leur montre au coffre et qui ont l’habitude de voyager.
Pensée à son lancement pour le public américain, la plateforme évoquait déjà à terme les Emirats Arabes Unis et l’Europe.
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Photo à la Une : © Phillips