La Maison de couture italienne Valentino a traversé une année 2025 particulièrement compliquée. Confrontée au ralentissement mondial du luxe, la marque a vu son chiffre d’affaires et sa rentabilité reculer fortement tandis que son endettement a continué de progresser. Une situation qui intervient alors que Kering, déjà actionnaire à hauteur de 30 %, reste en embuscade pour prendre le contrôle total de la griffe.
Un exercice 2025 marqué par un net recul de l’activité
Valentino a enregistré un chiffre d’affaires de 1,12 milliard d’euros en 2025, en baisse de 15 % par rapport à l’exercice précédent. Son EBITDA a quant à lui chuté de 41 %, à 174 millions d’euros, tandis que le groupe est passé d’un bénéfice opérationnel de 31 millions d’euros en 2024 à une perte opérationnelle de 103 millions d’euros en 2025. Cette contre-performance s’inscrit dans un contexte de ralentissement généralisé du marché du luxe, particulièrement en Asie et au Japon, deux régions historiquement importantes pour la Maison italienne.
Parmi les catégories les plus affectées figurent la maroquinerie et les chaussures, tandis que les parfums et les bijoux fantaisie ont fait preuve d’une meilleure résistance.
Une dette qui continue de progresser
Les difficultés opérationnelles ont également pesé sur la structure financière du groupe. La dette nette de Valentino a atteint 1,13 milliard d’euros à la fin de l’exercice 2025, contre 1,08 milliard un an plus tôt. Hors effets comptables liés aux contrats de location, elle s’établit à 472 millions d’euros.
Face à cette situation, les actionnaires de référence, le fonds qatari Mayhoola (propriétaire à hauteur de 70%) et Kering, ont déjà injecté 100 millions d’euros dans l’entreprise fin 2025 afin de renforcer sa situation financière après des tensions sur certains engagements bancaires. De nouveaux soutiens financiers sont prévus pour 2026.
Kering toujours en position d’observateur privilégié
Ces résultats sont suivis avec attention par Kering. Le groupe français avait acquis 30 % de Valentino en 2023 pour 1,7 milliard d’euros, avec une option lui permettant d’en prendre le contrôle total d’ici 2029.
Pour François-Henri Pinault, Valentino représente un actif stratégique destiné à réduire la dépendance de Kering à Gucci, dont les performances restent sous pression. Mais la dégradation des comptes de la Maison romaine rappelle que même les plus grandes signatures du luxe ne sont pas immunisées contre le ralentissement actuel du secteur. Dans ce contexte, Valentino devra désormais conjuguer maîtrise des coûts, préservation de son image et relance commerciale pour retrouver le chemin de la croissance.
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Photo à la Une : Défilé de mode printemps/été 2026 © Valentino