Pour sa troisième édition, Art Basel Paris, déclinaison parisienne du célèbre Salon d’art international fondé en 1970 à Bâle en Suisse, revient sous la verrière du Grand Palais. Rendez-vous du 24 au 26 octobre pour découvrir pas moins de 206 galeries dont 63 implantées en France. Parmi eux, l’artiste pop japonais Takashi Murakami propose une installation des plus tentaculaires sur le stand Louis Vuitton.
Takashi Murakami (Louis Vuitton), Salvador Dali (Di Donna), Daniel Arsham (Galerie Perrotin), Gerhard Richter (Vedovi Gallery et Zwirner), Fernand Léger (Galerie Le Minotaure), Jean Tinguely (George Philippe & Nathali Vallois), Jean-Michel Basquiat (Van de Weghe), Sonia Delaunay (Gia Marconi), Sylvie Fleury (Karma International), Paul Gauguin (Acquavella)… Voilà une édition haute en couleur.
Art Basel Paris, qui débute ce vendredi 24 octobre, retrouve pour la deuxième fois le Grand Palais et pour trois jours. Ce digne successeur de la FIAC, après quarante ans de bons et loyaux services – se présente comme le rendez-vous incontournable de l’art contemporain dans la Ville Lumière.
La foire s’articule autour de trois secteurs majeurs : Galeries qui présente la diversité des programmes des exposants, Emergence qui est consacré aux talents émergents et Premise qui donne à voir des projets curatoriaux singuliers.
Parmi les temps forts, un Programme Public, soutenu par Miu Miu, est disséminé dans neuf lieux emblématiques tandis que l’on note des collaborations avec les industries créatives de la ville de Paris et notamment l’initiative Oh La La !, qui cette année se retrouve sous le commissariat de Loïc Prigent.
Comme chaque année, les Ateliers d’art GrandPalaisRmn donnent rendez-vous sur leur stand (M30) afin de dévoiler la nouvelle estampe contemporaine de la Chalcographie du Louvre, élaborée par l’artiste Camille Henrot.
Reflet de la vitalité du marché de l’art, Art Basel Paris se veut comme le catalyseur du marché français de l’art – le quatrième au monde – à raison de 7% des ventes globales et plus de la moitié de la valeur totale de l’Union Européenne.
Balcon d’honneur
Afin de célébrer la septième édition du programme Artycapucines permettant à des artistes de renom de revisiter le sac iconique Capucine de Louis Vuitton, une installation digne de vingt mille lieues sous les mers prend place au balcon d’honneur.

Cette pieuvre gonflable géante coïncidant avec les 120 ans de la mort de Jules Verne et qu’aurait pu rencontrer le capitaine Nemo, est l’œuvre de Takashi Murakami.
Fidèle compagnon de route du malletier du groupe LVMH depuis près de 20 ans, l’artiste pop japonais plus connu pour ses fleurs souriantes revisite le désirable modèle maroquinier. Parmi ses propositions créatives, le sac Mini Tentacle avec une pieuvre agrippée au cuir vaut largement le coup d’œil.
Nouveaux venus
Sur les 206 galeries internationales de premier plan que compte cette édition, treize signent leurs baptême du feu pour cette olympiade culturelle.
C’est ainsi le cas de la parisienne Crèvecœur qui réunit Miho Dohi, Inès di Folco Jemni, Ernst Yohji Jaeger, Yu Nishimura, Louise Sartor, Naoki Sutter-Shudo, ainsi que des œuvres d’une grande rareté de Morikazu Kumagai. Ancrée dans le concept japonais de mono no aware – l’expérience de l’impermanence – la présentation ouvre de nouvelles voies afin de rompre avec les normes picturales et sculpturales européennes. Des œuvres de la peintre franco-colombienne Emma Reyes, dont la carrière s’est principalement déroulée à Paris, figurent l’autre temps fort de la galerie.

Venue de Londres, The Approach propose une présentation collective avec Anderson Borba, Jai Chuhan, Sara Cwynar, Sandra Mujinga, Paloma Proudfoot et Mike Silva. Entre peinture, sculpture, photographie, film et installation, les œuvres revisitent des thèmes centraux de l’avant-garde, à savoir le corps, l’identité, la mémoire et la critique sociale – pour les réinventer au présent.
Citons également la David Nolan Gallery, située à New York. Celle-ci met à l’honneur le travail sur papier. Des dessins de Hans Bellmer, Christina Ramberg, Martin Kippenberger, Dorothea Rockburne et Nicole Eisenman reflètent des approches avant-gardistes diverses du corps, de l’espace et de la société, à travers les générations.
Autre galerie new yorkaise participant pour la première fois à Art Basel Paris, Sikkema Malloy Jenkins présente un large panorama des artistes de sa galerie, dont Louis Fratino, Jeffrey Gibson, Sheila Hicks, Teresa Lanceta, Jennifer Packer, Kara Walker et Luiz Zerbini. De la peinture au textile, en passant par la céramique, le collage et la vidéo, la présentation insiste sur les perspectives culturelles diverses susceptibles de défier et d’enrichir les récits dominants.

Déambulation dans la ville
Art Basel Paris ne se limite pas au Grand Palais et propose des chemins de traverse à la rencontre d’artistes et d’œuvres toute aussi créatives.
Avec pour partenaire principale l’italienne Miu Miu (Prada Group), le programme public invite les visiteurs à arpenter près de neufs sites d’intérêts culturels et artistiques comme autant de compléments à à l’expérience Art Basel du Grand Palais.

Parmi eux notons la cour de l’Hôtel de la Marine abrite « Les Herbes folles du vieux logis » de Joël Andrianomearisoa tandis que la Place Vendome présente « Kermit the Frog, Even » par Alex Da Corte. A cela s’ajoute le parvis de l’Institut de France qui met en lumière « The innocent » d’Ugo Rondinone ou encore l’avenue Winston Churchill qui accueille Dawn d’Arlene Shechet.

Par ailleurs, la boutique Guerlain des Champs-Elysées présente, une fois n’est pas coutume, une exposition, « En Plein Cœur », sur ses trois étages. Une trentaine d’artistes explorent l’amour en peintures, photographies, vidéos et sculptures. Notons également l’exposition du photographe Prince Gyasi à l’hôtel Park Hyatt Paris-Vendôme.

Et toujours Gerhard Richter à la Fondation Louis Vuitton. Figure majeure de la peinture d’après-guerre, habituée à remettre en cause les frontières entre abstraction et figuration, l’artiste peintre allemand s’offre outre une présence remarquée sur les stands de la galerie bruxelloise Vedovi Gallery et de l’américain Zwirner, une rétrospective à ne pas manquer jusqu’au 2 mars 2026.

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Photo à la Une : © Louis Vuitton