[Spécial Geneva Watch Week 2023] Dans l’horlogerie, les ambitions de la France pour construire ses succès de demain

Note de l’éditeur : Cet article a été publié pour la première fois dans l’édition imprimée du numéro The Luxury Journals by Luxus +. Cliquez ici pour voir le numéro complet.

L’industrie horlogère française n’a malheureusement pas tout le succès qu’elle mérite. Le savoir-faire est là, manque le faire-savoir.

 

C’est certain, la France regorge de talents pour créer et réaliser de merveilleux produits. S’ils manquent de notoriété, beaucoup de brevets sont français depuis les débuts de l’horlogerie.

 

Il suffit aussi de visiter de grandes manufactures suisses pour rencontrer des patrons français et beaucoup d’horlogers frontaliers d’une grande compétence. Pour autant, l’attractivité des métiers de la branche du territoire helvète reste inégalée.

 

Dans les années 1990, la disparition de la manufacture France Ebauches avait par ailleurs sonné le glas de la fabrication en France de mouvements horlogers, la pièce maîtresse d’une montre, et plus précisément du spiral, ce petit ressort qui régule le balancier.

 

Cela n’a pas empêché l’UNESCO d’annoncer en 2020 qu’elle faisait entrer au patrimoine culturel immatériel de l’humanité le savoir-faire horloger et la mécanique d’art de l’Arc Jurassien Franco-Suisse.

 

Faut-il y voir une corrélation avec ces horlogers de plus en plus nombreux qui font le «pari un peu fou» de créer des montres 100% françaises? C’est le cas par exemple de l’entreprise Pierre Lannier.

 

 

De son côté, par contre, le groupe Aiôn, qui portait un projet de réindustrialisation horlogère en France, a annoncé mettre un terme à ses activités face à de «grandes difficultés à lever les fonds escomptés» en 2022. Le groupe avait en effet choisi de se relocaliser dans le sud de la France, après avoir essuyé un premier échec en sollicitant la région Bourgogne-Franche-Comté avec l’Etat et Bpifrance pour l’accompagner.

 

En parallèle, l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) a décidé en 2022 de mener une étude sur le secteur de l’horlogerie française dans le département du Doubs. L’Objectif ? Analyser les perspectives et ambitions en matière d’innovation, “dans une optique de relocalisation et de la valorisation de la chaîne de valeur de la filière horlogère dans le département”.

 

De manière plus générale, la création de l’ANCT par Emmanuel Macron marque un changement d’approche dans la relation de l’État aux collectivités par rapport aux organismes qui l’ont précédée : l’agence a davantage une fonction d’« ingénierie d’appui » aux projets portés par les collectivités (approche ascendante) plutôt que d’analyse et de supervision par l’État (approche descendante). Le budget de l’ANCT pour l’ingénierie territoriale a donc doublé en 2021, passant à 20 millions € annuels, soit un tiers des 61 millions € du budget total de l’agence. Car la question de l’excellence et de son financement en France reste profondément corrélée à celle de l’attractivité et du rayonnement des territoires.

 

Photo à la Une :  © Luxus Plus

 

Lire aussi > The Luxury Journals – Spécial Geneva Watch Week 2023 : Consultez votre numéro en ligne ! – Luxus Plus (luxus-plus.com)

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Claire Domergue
Fondatrice et directrice de la publication de Luxus +, Claire Domergue est spécialiste en marketing du luxe. Avant de fonder le média d’information spécialiste de l’économie du luxe, Claire Domergue a travaillé pendant plus de sept ans dans le domaine de la communication pour les grands noms du secteur.

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