Âgée de 76 ans, la mannequin internationalement connue et indissociable de la libération sexuelle en Angleterre dans les années 1960, est catapultée nouvelle ambassadrice de la campagne printemps-été 2026 de Burberry.
Grands yeux de biche, silhouette filiforme, look androgyne, humeur espiègle, tenues fleuries voire psychédéliques…
Les séries mode de Twiggy, l’icône mode des années 1960, ont fait le tour du monde et pavé le chemin des futures super modèles.
Ce mois-ci, la plus British des baby faces se rappelle au souvenir de la génération X comme des plus jeunes au travers de l’emblématique représentante de la britannité, Burberry.
En pleine vague de nostalgie, d’esthétique années 1960 voire d’anemoia (soit la nostalgie d’une époque que l’on n’a pas connue), Twiggy semble renvoyer vers un temps où les choses semblaient plus simples et l’époque plus insouciante. Et tout particulièrement en terre britannique, qui, depuis le Brexit, collectionne les difficultés.
Dans la frange de l’âge
Mondialement connue dans la fashion sphere pour sa coupe de cheveux ultra courte, Twiggy réapparaît dans la campagne printemps-été 2026 de Burberry tout trench et frange dehors.
Si la jeune femme repérée à 17 ans a pris de l’âge, elle n’a rien perdu de son regard espiègle, de son aura rock ou encore de sa liberté de ton.
Vêtue tour à tour de chemise-cravate ou de trenchs en cuir aux imprimés python ou à franges, Dame Twiggy Lawson a su conserver son sens inné de l’élégance.
Il faut dire que l’ex-fan des sixties à la carrière mannequin aussi soudaine que brève (cinq années seulement !), avait été à nouveau aperçue en 2022 du côté de la marque de maquillage du groupe Puig, Charlotte Tilbury ou plus récemment au sein de la campagne anniversaire « 50 Years 50 Icons » du géant de la fast fashion Zara.
“Brindille” des Sixties
Bien avant Kate Moss, la Brindille des années 2000, il y avait la Brindille des Sixties.
De son vrai nom Lesley Hornby, Twiggy est originaire du quartier ouvrier de Neasden, en périphérie de Londres.
A 16 ans, elle franchit les portes du salon de coiffure Léonard dans le quartier de Mayfair pour servir de modèle à une nouvelle coupe avant-gardiste qui deviendra sa signature dans une version blonde platine : la Pixie Cut.
Les clichés de cette coupe ultra courte qui découlent de cette séance hors norme ne tardent pas à susciter la curiosité d’une journaliste mode du Daily Express, Deirdre McSharry. Cette dernière, intriguée par l’allure peu habituelle pour l’époque de la jeune femme, souhaite, à son tour, lui tirer le portrait, cette fois pour un article. Intronisée “The Face of 66” quelques semaines plus tard, elle est propulsée sur la scène mode et dans le monde du mannequinat.
La jeune femme ne se contente pas de brouiller les codes masculin/féminin avec son allure androgyne (coupe de cheveux et morphologie), elle influence également le prêt-à-porter féminin. Robes trapèze, manteaux militaires et minijupes aux couleurs pop deviennent le vestiaire de la femme moderne et donne un coup de peps aux boutiques Biba.
Icône de la scène mode et artistique en pleine effervescence du Swinging London, elle devient vite un modèle phare que se sont arraché les plus grands créateurs de l’époque, de la créatrice de la mini-jupe Mary Quant à André Courrèges en passant par Yves Saint Laurent, Pierre Cardin et Tiga Morse. À seulement 21 ans, elle décide de mettre un terme à sa carrière de mannequin, déclarant qu’on ne peut pas être « un cintre à vêtements toute sa vie ! »
Elle se tourne alors vers le cinéma et obtient le rôle de Polly Browne dans l’adaptation de la comédie musicale de Broadway The Boy Friend de Ken Russell en 1971. Sa performance lui vaut de décrocher deux Golden Globes : ceux de la meilleure actrice et de la meilleure nouvelle actrice.
Twiggy finit par s’imposer sur petit écran, devenant un “bon client” des talk-shows et des téléréalités comme America’s Next Top Model.
Elle renoue toutefois épisodiquement avec la mode dans les années 1990 mais surtout à partir de 2005 via la chaîne Mark & Spencer pour qui elle devient le visage des campagnes durant six ans, contribuant à redynamiser les ventes de l’enseigne.
En parallèle, Twiggy trouve dans la musique un nouveau territoire d’expression, sortant pas moins de six albums studio entre 1976 et 2011.
A 71 ans, elle va même jusqu’à lancer son podcast, Tea With Twiggy, prouvant s’il en est que le talent n’attend pas le nombre des années…
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Photo à la Une : © Burberry