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Economie : Comment la Thaïlande veut relancer le tourisme de luxe

Economie : Comment la Thaïlande veut relancer le tourisme de luxe

Alors que les plans de déconfinement avancent dans le monde entier, la Thaïlande se prépare activement à une reprise du tourisme. Et pour relancer la machine touristique à l’aube de la saison estivale, les professionnels de l’industrie hôtelière thaïlandaise ont décidé de se détourner du tourisme de masse et de miser sur une clientèle haut de gamme. Un virage vers le tourisme de luxe à 360° pour la « Terre de l’Éléphant blanc » dont nous vous livrons les enjeux.

 

Limiter l’afflux de visiteurs et repenser le tourisme de luxe pour l’après-COVID-19

 

Avec environ 3 000 cas confirmés de Covid-19 et seulement une centaine décès à ce jour, La Thaïlande compte parmi les premiers pays à être sorti du confinement.

 

Depuis, la stratégie du gouvernement pour relancer le tourisme a consisté à cibler une clientèle exclusive et dépensière, prête à payer le prix fort pour obtenir tout le confort, l’intimité et la sécurité que requiert la nouvelle ère post-coronavirus, plutôt que d’essayer d’attirer un très grand nombre de visiteurs aux ressources limitées.

 

En effet, « une personne peut facilement dépenser plus que cinq personnes en séjournant dans les hôtels les plus haut-de-gamme », selon le ministre du tourisme Phiphat Ratchakitprakarn.

 

Depuis plusieurs semaines, les efforts de marketing des autorités thaïlandaises s’orientent donc vers les personnes les plus aisées prêtent à s’offrir des séjours luxueux présentant un minimum de risques plutôt que vers des « masses » plus populaires moins enclines à dépenser. Le ministre a d’ailleurs déclaré que les voyages à prix cassés devaient devenir « une chose du passé ».

 

Privilégier une clientèle fortunée au détriment de vacanciers moins huppés, plus nombreux certes, mais qui investiraient des sommes dérisoires à côté de ces « riches » est donc la nouvelle stratégie de l’industrie hôtelière thaïlandaise pour rebooster l’économie du pays et favoriser la tendance du slow-tourisme contre l’hyper-tourisme.

 

Le gouvernement travaille même avec l’industrie du voyage pour identifier des groupes démographiques cibles, qui comprendront notamment d’anciens « visiteurs haut de gamme », et les inviter dans des complexes de luxe dans les îles de Samui, Phangan, Phi Phi ainsi que sur l’île de Phuket qui est « un prototype du luxe » car elle dispose de toutes les installations nécessaires.

 

Le vice-premier ministre et ministre de la santé publique, Anutin Charnvirakul, a aussi révélé la mise en place de « bulles de voyage » avec des pays tels que le Japon et la Chine pour encourager les flux touristiques de certains groupes de voyageurs et établir pour eux un cadre spécial pour leur arrivée et leur départ.

 

Le gouvernement mène donc une véritable offensive pour compenser le manque actuel de touriste entrant, visant à abandonner le tourisme de masse et à exploiter le segment du luxe en ciblant des touristes à haut rendement.

 

Non au surtourisme, oui aux prestations de luxe

 

A l’ère post-Covid-19, la Thaïlande se débat donc contre les flux de masse et se veut destination de luxe pour les très riches touristes. Pour y parvenir, elle a prévu de littéralement faire la cour à ces visiteurs.

 

Le royaume a en effet décidé de capitaliser sur son très léger bilan de l’épidémie de Covid-19 et de se positionner comme une destination de prestige et de confiance pour les touristes internationaux une fois les restrictions de voyage levées.

 

Le groupe d’hôtellerie de luxe Anantara prévoit ainsi d’offrir un service de fitness individualisé, avec des équipements soigneusement nettoyés et des séances d’entraînement privées à réserver. Le room service sera encore assuré, mais les serveurs laisseront les chariots à l’entrée des chambres.

 

Le personnel des hôtels Anantara se forme également aux nouveaux protocoles de nettoyage des chambres, les mêmes que ceux utilisés dans les hôpitaux. À la réception, des écrans en plexiglas seront installés sur le comptoir, les chaises et les tables seront soigneusement espacées, et de discrètes croix de couleur rouge seront collées sur le sol pour marquer les endroits où les clients doivent attendre pour être reçus à la réception.

 

Faire rimer luxe avec sécurité : voilà donc le nouveau credo des professionnels du tourisme thaïlandais, qui misent sur une nouvelle manière d’accueillir les voyageurs. Point d’orgue de cette stratégie : moins de contacts avec le personnel et entre les clients.

 

© Anantara Hotels Resorts & Spas

 

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La technologie sans contact (cartes de crédit, interrupteurs sans contact, voire la reconnaissance faciale) sera alors de plus en plus utilisée à la réception des hôtels cinq étoiles, dans les ascenseurs et pour l’ouverture des portes.

 

Les espaces communs des hôtels seront reconfigurés ou redessinés afin d’offrir une meilleure ventilation et plus de luminosité. Les buffets du petit-déjeuner seront eux pour la plupart remplacés par un service à table pour optimiser la distanciation sociale.

 

Une hygiène et une propreté irréprochables ainsi que des contacts humains limités mais personnalisés feront alors désormais partie intégrante de l’offre hôtelière haut de gamme : “L’accueil sera toujours aussi personnalisé, mais nous réduirons au minimum le nombre de personnes en contact avec les clients, déclare Thomas Harlander, directeur général de l’hôtel de Bangkok du groupe hôtelier de luxe Rosewood. Le service sera plus fluide – moins de personnes, moins de points de contact”, précise-t-il.

 

L’Autorité du tourisme de Thaïlande, un organisme gouvernemental, cherche par là-même à regagner la confiance des voyageurs entrants et à donner une nouvelle image de marque à la deuxième économie d’Asie du Sud-Est afin d’en faire une destination touristique de choix.

 

Au final, la pandémie du coronavirus a offert l’opportunité de « relancer le secteur touristique, qui était devenu dépendant des groupes chinois et des routards » selon les mots du ministre du tourisme Phiphat Ratchakitprakarn.

 

Mais aussi et surtout, d’évoluer vers un tourisme de qualité, sélectif et élitiste au sein du royaume thaïlandais, réputé pour ses plages tropicales paradisiaques, ses palais royaux opulents et ses temples fastueux.

 

Lire aussi > Comment l’hôtellerie de luxe accélère sa révolution numérique à l’ère post-Covid ?

 

Photo à la Une : © Anantara Hotels Resorts & Spas

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