Selon le ministre de l’Economie Roland Lescure, « plus de 13.000 entreprises » ont été évacuées en Gironde en réponse aux feux de forêt qui balayent le département. Parmi ces sociétés, des acteurs du textile ont dû ralentir leur activité, voire l’arrêter.
Des stocks et une distribution fortement impactés. Après le Var, la Gironde est frappée depuis plusieurs jours par d’immenses feux de forêt qui ont brûlé plus de 42.000 hectares. Ces incendies, qui mobilisent 2.750 sapeurs-pompiers, un renfort conséquent de moyens européens, 1.500 militaires et 1.440 forces de sécurité intérieure, ont non seulement entraîné l’évacuation de 220.000 personnes mais aussi bouleversé toute l’économie de la région.
Dans son sillage, le ministre de l’Economie Roland Lescure a annoncé que « plus de 13.000 entreprises (dont 7.000 artisanales et 6.300 commerciales, ndlr) » comptaient parmi les acteurs ayant dû fuir en Gironde. Elles ne « pouvaient pas, évidemment, mener leur activité normale » selon le gouvernement.
Avec la fermeture partielle de l’A63 qui traverse la commune de Cestas, la plateforme de Le Roy Logistique, un point essentiel de transit pour des entreprises de prêt-à-porter, est en pause en raison d’un arrêté d’évacuation. Par conséquent, ni les salariés, ni les transporteurs ne sont en mesure d’accéder au site. Le fournisseur de solutions pour l’industrie des matériaux souples Lectra a également annoncé la fermeture temporaire de son site ainsi que l’activation de son plan d’urgence interne.
Le pôle de cette société localisée à Cestas compte dans ses effectifs, près de deux cents personnes évacuées de leur domicile. C’est pourquoi la direction de l’entreprise partenaire de grands noms de la mode et de l’automobile a indiqué qu’elle allait accompagner ses collaborateurs touchés par la catastrophe naturelle.
La distribution des colis en difficulté
Selon le journal local Sud-Ouest, les géants de la livraison sont également très touchés par la situation. Alors que Cdiscount gérait une opération de dons à destination des centres d’accueil, l’entreprise fait désormais partie d’une zone d’évacuation. « Nous avons respecté les instructions, pas question de faire prendre le moindre risque à quiconque. Notre site de Cestas, qui compte, 500 personnes est vide, seule sa surveillance reste assurée », a confié la société au média qui a également évoqué le cas de La Poste.
Selon un point établi ce lundi à 16h00, le distributeur de courrier a indiqué que « vingt-trois bureaux de poste ont été temporairement fermés, dont vingt en Gironde et trois dans les Landes ». Elle a aussi annoncé que « onze établissements de distribution du courrier et des colis, dont une agence Chronopost, ont également dû cesser leur activité. La plateforme de Cestas assurant le tri du courrier de dix départements de toute la région Sud-Ouest, de la Creuse aux Charentes, a dû fermer depuis samedi soir ».
Toujours d’après ces informations, La Poste a assuré qu’un « plan de continuité d’activité a été mis en place avec les plateformes de Toulouse et de Tours » pour permettre un service minimum.
La fumée source de contamination
D’après le média spécialisé FashionUnited, si l’approvisionnement s’avère impacté par les flammes, la fumée qu’elles entraînent pourrait contaminer les produits, dont le textile, une matière très absorbante.
« Même dans un entrepôt ou une boutique qui n’a pas été touchée par les flammes, l’infiltration prolongée de fumées denses chargées en microparticules peut imprégner les fibres de manière persistante, rendant des lots entiers de vêtements invendables », a rappelé le média qui préconise également des audits sanitaires pour évaluer les risques de contamination.
Réunion à Bercy
Afin d’apporter « des réponses plus précises » aux « préoccupations » des entreprises dont l’activité est touchée par les feux en Gironde, une réunion sera organisée ce jeudi à Bercy selon le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin.
Le gouvernement a ainsi rappelé que la chambre de commerce de Gironde a mis en place un numéro unique à destination des entreprises qui souhaitent obtenir des renseignements, ainsi que l’existence d’un numéro unique sur le site de l’Urssaf.
« L’Etat sera à leurs côtés, (…) pour le moment, nous examinons l’ensemble des demandes qui peuvent remonter sur le terrain », a promis Sébastien Martin, se disant « tout à fait ouvert » à des mesures de trésorerie, comme « des reports de charges, des reports de cotisations ». Il a aussi appelé les acteurs « à se rapprocher » des directions départementales de l’emploi, du travail et des solidarités, les DDETS.
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Photo à la Une : © Chiara GUERCIO / UNSPLASH