C’est dans une mise en scène grandiose faisant intervenir les huit planètes du système solaire que Matthieu Blazy, jeune prodige venu de Bottega Veneta, a tenté l’impossible : renouveler la vision de la femme Chanel sans renier son héritage issu de 110 ans de créations mode. Plus contemporain, expérimental et moins daté, le défilé lui a valu standing ovation et applaudissements nourris du public.
Lundi 6 octobre, sous la majestueuse verrière du Grand Palais, Matthieu Blazy, 41 ans, avait, tout comme son confrère quelques jours plus tôt, Jonathan Anderson chez Dior, rendez-vous avec l’histoire.
Et quelle histoire ! S’inscrire comme le quatrième directeur artistique de la Maison Chanel, en plus de dix décennies, tentant de marcher sur les traces de l’émancipatrice et fondue des astres, Gabrielle Chanel, suivie du polymathe et médiatique Karl Lagerfeld ou encore de la fidèle du Kaiser de la mode, Virginie Viard.
A cela, s’ajoutait le défi herculéen de livrer un vestiaire féminin en 77 silhouettes, capable de plaire des deux côtés du spectre de la clientèle, soit autant à une Gen Z volubile et décomplexée qu’aux ferventes admiratrices de toujours mais vieillissantes.
Autant dire, que la pression que Mathieu Blazy était en droit de ressentir ce jour-là était presque digne de celle du mythique et démiurgique Atlas portant le monde à genoux.
Finalement, si l’on en croit les applaudissements et réactions laudatives de la presse comme des acheteurs, le jeune homme semble être parvenu à s’approprier les codes chers à Gabrielle Chanel tout en modernisant pour de bon la silhouette de la dame au tweed.
Victoire à la Pyrrhus
Chanel peut-elle encore surprendre ?
En reprenant le flambeau en 1983 d’une belle endormie, le styliste et génial communicant Karl Lagerfeld avait, contre toute attente, su proposer une vision plus rock et urbaine chic de la femme Chanel, faisant taire les critiques qui voyaient la Maison au double C comme déjà “morte”.
En 2019, suite au décès du Kaiser de la mode, son discret bras droit Virginie Viard avait proposé une vision plus féministe, minimaliste et casual.
Ce premier octobre, Matthieu Blazy a prouvé que la règle des “jamais deux sans trois” s’appliquait aussi à la Maison de la rue Cambon. Car le jeune créateur a créé un nouvel effet de surprise chez Chanel. L’homme a osé proposé un défilé qui prend habilement ses distances avec un passé jusqu’ici omniprésent, en jouant à plein avec les codes du masculin-féminin.
Sus au tweed
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Photo à la Une : © Chanel
