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LVMH, ou l’art de dénicher de jeunes talents

LVMH, ou l’art de dénicher de jeunes talents

Le mois de juin a offert de nombreuses occasions au groupe LVMH de jouer son rôle de mécène. Analyse d’une démarche RSE orientée vers la révélation de jeunes talents.

Le groupe LVMH, qui réunit plus de 70 maisons d’exception dans cinq secteurs majeurs du luxe (vins et spiritueux, mode et maroquinerie, parfums et cosmétiques, montres et joaillerie et distribution sélective), ne cache pas son ambition de renforcer sa position de mécène dans l’industrie du luxe.

Le jury (dont Jonathan Anderson, Phoebe Philo, Nicolas Ghesquière et Karl Lagerfeld, ici), Rihanna et Delphine Arnault ont remis le prix LVMH 2017 à Marine Serre (au centre). Photo Benoit Peverelli /LVMH

Le 16 juin dernier, deux prix d’envergures ont été remis par le géant du luxe: le Prix LVMH, lancé en 2014 et qui récompense chaque année un créateur de mode prometteur, et le premier LVMH Innovation Award, qui distingue une start-up française ou internationale dont l’activité est en lien avec les problématiques d’innovation du groupe.

Un ambitieux programme pour révéler les jeunes créateurs de mode

Chaque année, une bourse de 300 000 euros et une aide personnalisée au développement de son entreprise sont offertes au Lauréat du Prix LVMH pour la jeune création. « L’ambition du Prix LVMH des Jeunes Créateurs de Mode est d’encourager la vitalité et la créativité dans le monde de la mode à l’échelle internationale. Il est de notre responsabilité, en tant que leader de notre secteur, de découvrir des jeunes talents et de les aider à se développer. » a déclaré Delphine Arnault, Directrice générale adjointe de Louis Vuitton.

C’est Rihanna en personne qui a remis son prix à la corrézienne Marine Serre, gagnante de cette quatrième édition, à la Fondation Louis Vuitton. Lors de la cérémonie, le groupe a également remis au japonais Kozaburo Akasaka un prix spécial – 150.000 euros et une année de mentorat – pour son label Kozaburo.

« Qu’une femme, française de surcroît, remporte le LVMH Prize est formidable. Sa marque est récente, mais elle possède une vision et une grande maturité dans la présentation. Face au jury, Marine s’est montrée précise et nous étions surpris de voir ce qu’elle est parvenue à réaliser avec aussi peu de moyens. » s’est enthousiasmée Delphine Arnault, Directrice générale adjointe de Louis Vuitton. 

« Grâce à ce prix, je vais pouvoir trouver un atelier, préparer un défilé et payer les gens qui travaillent gratuitement avec moi » a confié la lauréate âgée seulement de 25 ans et qui repartait le mois dernier du Festival de Mode et de Photographie d’Hyères avec le Prix Galeries Lafayette en poche.

LVMH est d’ailleurs partenaire depuis 1998 de ce festival international qui vise à promouvoir la jeune création dans les domaines de la mode et de la photographie à travers des expositions, des tables rondes et des concours.

Une course à l’innovation qui passe par les start-up

Toujours le 16 juin, c’était cette fois Bernard Arnault qui remettait le « LVMH Innovation Award » lors du salon Viva Technology qui se déroulait à Paris du 15 au 17 juin 2017 au parc des expositions de la porte de Versailles.

Pas moins de 32 start-ups ont été présélectionnées et présentées sur le Lab LVMH.

« Nous travaillons avec des start-ups au sein de LVMH, quotidiennement et de différentes manières. Le LVMH Innovation Award est un moyen de découvrir, soutenir et identifier les meilleures start-ups de notre industrie » a affirmé Ian Rogers, Chief Digital Officer du groupe LVMH.

Le lauréat de cette première édition est Heuritech, une start-up, spécialiste de l’intelligence artificielle, qui applique le « deep learning » (technique d’apprentissage permettant à un programme de représenter la parole ou l’image, par exemple) aux secteurs de la mode, du luxe et de la beauté.

Ce prix va permettre à Heuritech de nouer avec les 70 marques de luxe qui composent le groupe LVMH des partenariats susceptibles de leur apporter des technologies innovantes.

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Un avenir tourné vers la préservation des savoir-faire

Mais le groupe ne se contente pas d’accompagner uniquement les jeunes prodiges de la mode et des nouvelles technologies.

Désireux d’assurer la préservation et la transmission des savoir-faire artisanaux auprès des jeunes générations, LVMH a aussi développé en 2014 l’Institut des Métiers d’Excellence (IME) pour valoriser la filière des métiers de l’artisanat, de la création et de la vente auprès des jeunes générations.

Depuis 2016, le groupe organise ainsi le Village de l’Institut des Métiers d’Excellence, un évènement permettant à de jeunes apprentis d’en apprendre davantage sur les Maisons du groupe, sur les métiers de l’artisanat et sur les formations en alternance proposées par l’IME. L’édition 2017 se tenait en banlieue parisienne dans le 93.

Les formations de cet institut sont conçues en partenariat avec des centres de formation de référence dont notamment l’Ecole de la Bijouterie Joaillerie, l’Ecole de la Chambre Syndicale de la Couture ParisienneAvize Viti Campuspour les métiers de la vigne ou encore l’Ecole Boulle avec le Greta CDMA pour le design retail.

LVMH entend même investir 158 millions d’euros pour mettre en place une vitrine des métiers d’arts et de l’artisanat dans le bois de Boulogne, à Paris, en remplacement de l’ancien Musée national des Arts et Traditions populaires. Baptisée « Maison LVMH – Arts, Talents, Patrimoine« , la nouvelle institution qui devrait ouvrir ses portes en 2020 a pour objectif de faire découvrir les métiers d’art aux jeunes et de susciter des vocations.

Mais jusqu’où le groupe LVMH poursuivra-t-il donc sa politique de mécénat lui permettant d’assurer sa place de géant du luxe en s’entourant d’ores et déjà des talents de demain?

Marine
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