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France : le secteur de l’hôtellerie de luxe redoute des pertes colossales

France : le secteur de l’hôtellerie de luxe redoute des pertes colossales

La 14ème édition des Tendances de l’Hôtellerie qui s’est tenue le vendredi 28 février à Paris a été l’occasion de dresser un bilan du secteur hôtelier français. Après une année 2019 en recul de 1%, des incertitudes persistent pour le luxe en 2020.

 

L’événement avait fait salle comble le 28 février dernier dans l’amphithéâtre du Palais Brongniart, l’ancienne bourse de Paris, rassemblant une foule bigarrée de 700 promoteurs, investisseurs, opérateurs, gestionnaires d’actifs, etc.

 

Le contexte n’était pourtant pas des plus favorables l’an passé entre les tensions sociales et économiques liées au mouvement des Gilets jaunes, au Brexit, ou encore à la dégradation des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine. 2019 a été contre toutes attentes une année record pour l’hôtellerie française : «Le marché français est beaucoup plus résiliant que d’autres, car très dépendant du marché domestique», a constaté Philippe Gauguier, Associé Tourisme Culture & Hôtellerie au sein de l’agence conseil In Extenso, organisateur de l’événement.

 

Le chiffre d’affaires Hébergement a de fait affiché l’an dernier une belle progression par rapport à 2018 : +3% sur la Côte d’Azur et +2% en province. De bons résultats ont été enregistrés également sur Bordeaux et Montpellier. Une croissance très conjoncturelle s’est remarquée aussi dans de nombreuses villes, notamment à Rennes grâce à sa nouvelle ligne grande vitesse, à Lyon grâce à ses grandes foires ou encore à Marseille grâce à un tourisme professionnel qui réunit plusieurs fois dans l’année des milliers de personnes à l’occasion de réunions, congrès ou conventions.

 

Les résultats ont été cependant plus mitigés pour les villes de Lille, de Strasbourg et de Toulouse, ainsi que pour Paris dont le chiffre d’affaire a reculé de 1% en 2019.

 

En réalité, Paris a observé une croissance dans son hôtellerie économique (+3%) et milieu de gamme (+1%), mais une baisse sur le haut-de-gamme (-2%) et le luxe (-9%) ainsi que l’explique Olivier Petit, également Associé Tourisme Culture & Hôtellerie chez In Extenso : «Le moyen-de-gamme a été peu affecté par la conjoncture, alors que le haut de gamme et le luxe est impacté durement, du fait qu’elle est très dépendante de la clientèle étrangère». Le coronavirus fait donc planer une menace réelle sur l’hôtellerie haut-de-gamme et de luxe en 2020, notamment auprès de la clientèle chinoise et plus globalement asiatique, quant on sait à quel point l’industrie des hôtels de luxe est corrélée avec l’industrie du voyage et du tourisme – contrairement à l’hôtellerie économique qui est elle moins sensible aux facteurs exogènes.

 

Face à ces incertitudes pour l’année 2020, les différents directeurs ont tentés d’apporter des solutions diverses comme l’engagement dans une hôtellerie plus durable ou encore la fidélisation par une expérience client unique. Franck Gervais, directeur général Europe d’Accor explique ainsi vouloir être une de ces « lifestyle brands » et « se présenter de plus en plus comme un fournisseur («provider») d’expériences, en matière de restauration, de musique, de sport… (…) car l’hôtel est de plus en plus un lieu de vie, du rez-de-chaussée au niveau – 1 en passant par le toit». Les hôtels de luxe s’efforcent également constamment d’améliorer leurs services en se concentrant sur l’évolution des préférences des consommateurs et la «mass personalization» au travers de la big data et de l’intelligence artificielle.

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Photo à la Une : © 2020 In Extenso – Tous droits réservé

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