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Covid-19: la descente aux enfers se prolonge pour l’hôtellerie de luxe

Covid-19: la descente aux enfers se prolonge pour l’hôtellerie de luxe

Le Meurice

Le second confinement s’avère être un choc brutal pour l’hôtellerie française. Alors que les activités reprenaient faiblement leurs cours au mois de septembre, la tournure récente de la situation sanitaire a conduit à la fermeture d’importants bastions du secteur de l’hôtellerie de luxe tricolore.

 

En ce début novembre 2020, c’est à Paris que l’onde de choc liée à la pandémie de la Covid-19 se fait le plus ressentir. Alors que l’établissement avait relancé ses activités depuis le 24 août, l’Hôtel de Crillon a par exemple annoncé sa fermeture jusqu’au 1erdécembre. Le Shangri-La qui devait rouvrir à cette même date restera « fermé jusqu’à nouvel ordre. » Le Peninsula et le Royal Monceau n’ont quant à eux même pas rouvert leurs portes, demeurées fermées depuis la mi-mars. Uniques vestiges du dynamisme économique de l’hôtel, cinq des appartements privés du Royal Monceau sont encore commercialisés à l’heure actuelle.

 

 

Représentant une ultime défaite pour l’hôtellerie parisienne, le groupe Paris Inn – dont les établissements quatre et cinq étoiles sont essentiellement situés dans la capitale – a fermé l’intégralité de son parc, soit une trentaine d’hôtels. Pour son président, Jean-Bernard Falco, il s’agit d’une « catastrophe ». Ce constat peut néanmoins être nuancé par la subsistance des activités du Ritz, du Four Seasons George V, du Meurice, du Plaza Athénée ou encore du Bristol. Néanmoins, le confinement s’accompagne pour ces établissements de la fermeture de leurs piscines, spa, boutiques, ainsi que de leurs bars et des restaurants qui constituent une part essentielle de leurs recettes. Des services de restauration en chambre sont donc dorénavant proposés aux rares clients de cette période.

 

 

Face à cette situation alarmante, certains représentants du secteur de l’hôtellerie de luxe ont pris la parole. Le directeur général de la section française du groupe BWH Hotel Group, Olivier Cohn, a ainsi constaté la fermeture de « 75 hôtels pour un parc de 300 unités » à la date du 2 novembre 2020. Cela dit, le dirigeant a précisé qu’ « il ne devrait pas y avoir trop de fermetures supplémentaires cette semaine. Les hôteliers regardent ce qu’il se passe pour se décider. » Le patron de la section Europe de l’Ouest du groupe d’hôtellerie B & B Hotels, Vincent Quandalle, confirme également que « la semaine nous éclairera sur le maintien de l’activité. » Bien que le B & B localisé à proximité de Disneyland Paris ait cessé ses activités, la situation « n’est pas encore très claire » pour le reste des établissements du groupe. Le président du groupement patronal GNI, Didier Chenet, explique en ce sens qu’ « il y a une grande incertitude sur l’activité au-delà de ce mois de confinement. Et la politique de petits pas du gouvernement finit par agacer. Devant une telle situation, bien des hôteliers préfèrent fermer. » Selon un sondage interne de l’UMIH, la principale organisation patronale, un professionnel sur deux aurait l’intention de fermer son établissement en novembre du fait du manque de clients.

 

 

Le président du pôle hôtellerie haut de gamme de l’Umih et directeur général de l’hôtel InterContinental de la place de l’Opéra, Christophe Laure, nous a adressé quelques chiffres en guise de conclusion sur cette période difficile pour le secteur de l’hôtellerie de luxe : « Ce deuxième confinement est un coup sur la tête pour l’hôtellerie haut de gamme et luxe parisienne. On pensait vraiment que l’activité allait reprendre, même faiblement, à la rentrée. Or, septembre-octobre ont été très peu favorables. A la fin septembre, la recette unitaire par chambre disponible était en recul de 70 %. Avec le deuxième confinement, on sera entre -75 et -80 % à la fin de l’année, d’autant qu’il pourrait se prolonger. » 

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Par ailleurs, Christophe Laure nous a fait part de son inquiétude quant aux conséquences de la pandémie sur l’emploi dans le secteur. En effet, les 31 hôtels bénéficiant du label « Palace », dont 12 se situent à Paris, représentent à eux seuls 10.000 salariés. Anticipant un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) pour l’année 2021, le directeur n’envisage cependant pas d’amélioration avant le printemps, ni de réservations de groupe avant septembre 2021. Au regard de ces perspectives alarmantes, Christophe Laure rappelle que « le soutien de l’État est fondamental. » 

 

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Photo à la Une : © Le Meurice

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