Ulysse Nardin : une tech blockchain pour certifier ses montres de luxe

Depuis le 31 octobre 2019, l’horloger suisse Ulysse Nardin, propriété du groupe de luxe Kering, s’appuie sur la technologie blockchain Bitcoin pour délivrer des certificats d’authenticité numériques. Objectif ? Éliminer le risque de perte de la carte de garantie physique.

Par Luxus Plus

 

L’horloger Ulysse Nardin (groupe Kering) a choisi de s’appuyer sur Bitcoin et sa blockchain afin de permettre d’inscrire une preuve numérique inviolable dans son registre de ventes.

 

Il faut rappeler que lorsqu’on acquiert un objet de valeur, comme une montre de luxe, la question du certificat d’authenticité est fondamentale. Il permet en effet d’assurer que le produit n’est pas une contrefaçon et que vous êtes bien le propriétaire. Celui-ci est donc unique et ne peut être reproduit.

 

C’est pourquoi cela pose un problème de taille en cas de perte. Il restait alors à trouver une solution pour créer un certificat sous forme numérique répondant aux mêmes propriétés d’inviolabilité.

 

Le processus est assez simple, après l’achat, la montre doit être déclarée sur le site officiel en utilisant la carte physique traditionnelle. Quelques heures plus tard, le client reçoit par e-mail un document PDF contenant toutes les données et informations sur la montre achetée (modèle, numéro de série, numéro de carte de garantie et date de fin de garantie).

 

C’est l’empreinte numérique de ce document qui est inscrite dans la blockchain. N’importe qui pourra vérifier son authenticité en glissant le fichier dans un outil développé sur le site Ulysse Nardin. Le dispositif est déployé sur l’ensemble des gammes de l’horloger depuis la fin 2019.

 

Il s’agit de sceller un document numérisé pour le protéger”, explique Gilles Cadignan, cofondateur de la start-up rennaise Woleet, le sous-traitant qui s’occupe d’inscrire les données préalablement anonymisées dans la blockchain pour le compte de l’horloger.

 

Dans la version papier il y avait déjà des éléments rendant la falsification du document difficile (filigranes, hologrammes ou autres), ici il faut y voir un équivalent dans le monde numérique”. Gilles Cadignan explique que le dispositif n’implique pas de tout révolutionner pour la marque car il se connecte aux outils déjà en place.

 

Quand on veut transmettre la montre ou la revendre, le nouveau propriétaire devra se signaler auprès de la marque pour qu’un nouveau certificat soit édité.

 

Une façon de garder le contrôle sur le second marché et de prélever les précieuses données clients. “Et pourquoi pas, à terme, avoir une trace de toutes les opérations de maintenance de nos montres dans la blockchain ?”, a déclaré Patrick Pruniaux, patron d’Ulysse Nardin.

 

Le choix de la blockchain Bitcoin s’explique par le fait que c’est la plus ancienne et la plus robuste à ce jour.  Elle a 11 ans d’existence et n’a encore jamais été piratée, en raison de l’immense puissance de calcul mobilisée par les centaines de milliers d’ordinateurs qui la sécurisent à travers le monde.

 

D’autres entreprises ont fait le choix de blockchain privées, mais celles-ci n’offrent pas la même garantie en terme de sécurité et de transparence. Le groupe Kering (Gucci, Yves Saint Laurent, Boucheron, etc.) n’est pas le premier géant du luxe à s’intéresser à la blockchain pour assurer l’authenticité de ses produits.

 

LVMH a présenté en juin 2019 sa solution AURA et celle-ci devrait concerner dans un premier temps les sacs Louis Vuitton et les parfums Christian Dior.

 

Ce projet n’a toujours pas été lancé sur le marché. Cinq grandes maisons d’horlogerie ont quant à elles rejoint le consortium Arianee, dont Vacheron Constantin, Audemars Piguet et Breitling, pour développer un standard d’authentification des produits de luxe via la blockchain.

 

 

Lire aussi > Haute horlogerie : 2019 a été une année record pour Sotheby’s

 

 

Article précédent Article suivant