Pourquoi Louis Vuitton s’approprie le deuxième plus gros diamant du monde

L’entreprise a acquis le deuxième plus gros diamant brut du monde. Le Sewelô, c’est son nom, sera présenté, ce mardi à Paris dans son enveloppe de carbone.

Par Luxus Plus

 

Une poignée de clients triés sur le volet auront la chance de découvrir ce joyau lors de sa présentation officielle qui a lieu aujourd’hui à Paris.

 

Grâce au Sewelô, LVMH espère s’imposer dans le cercle très fermé de la haute joaillerie. Le terme « Sewelô » signifie « découverte rare » dans la langue tswana, parlée au Botswana où il a été extrait, le diamant n’a pas encore été taillé ni même poli, et reste donc mystérieusement caché sous son enveloppe de carbone noir originel. Avec un poids total de 1758 carats soit environ 350 grammes, ce qui correspond à une balle de tennis, il s’impose comme le deuxième plus gros diamant brut au monde après le « Cullinan » et ses 3100 carats, découvert en Afrique du Sud en 1905.

 

Une découverte incroyable

 

La semaine dernière, Lucara Diamond, société canadienne propriétaire de la mine d’où a été extraite la pierre en avril 2019, avait dévoilé un accord passé avec le tailleur de diamants HB Company basé à Anvers et la maison française Louis Vuitton. « L’objectif de cette collaboration entre une compagnie minière, un tailleur et une grande marque de luxe, sera de planifier, tailler et polir une collection de diamants à partir de Sewelô », indiquait le groupe d’extraction. Il précisait qu’il allait toucher « un intérêt de 50% » sur le prix des diamants une fois polis, tandis que « 5% du produit total des ventes » serait réinvesti dans des projets communautaires au Botswana.

 

Basée à Anvers, la responsable des Affaires publiques de l’association des producteurs de diamants indique à l’AFP s’être entretenue avec des experts ayant eu la pierre entre les mains: « Elle a un vrai potentiel. On imagine déjà tout ce que l’on peut créer à partir de ce diamant unique ». Cette dernière a d’ailleurs ajouté : « C’est une découverte incroyable, que l’on peut faire uniquement dans la nature, avec cette force magique que seuls les diamants naturels peuvent avoir ».

 

Le PDG de Louis Vuitton met en avant la recherche de transparence de la marque grâce au fait que peu de joailliers présentent des pierres sous leur état brut : « La haute joaillerie ne montre pas ce qu’il se passe en coulisses. Nous sommes totalement transparents concernant la mine d’où le diamant vient et nous associons le client final dans la création de la pierre finale ». Cette transparence dont fait preuve le groupe LVMH a pour but de montrer son expertise dans le secteur de la joaillerie car depuis 2009, elle mise particulièrement sur les pièces sur-mesure.

 

Cette opération de Louis Vuitton « intervient également alors que sa maison mère LVMH vient de racheter le joaillier Tiffany (pour 16 milliards de $), ce qui montre bien qu’il investit dans tout le secteur et qu’il est un acteur extrêmement important qui inspire confiance », relève Raluca Anghel.

 

Avec le « Sewelô », la société veut aussi « enrichir son aura, et se positionner sur une offre toujours plus haut de gamme, aller chercher des très gros clients à travers des produits exclusifs », analyse Arnaud Cadart, gérant de portefeuilles chez Flornoy & Associés. Pour lui, Louis Vuitton « va toujours plus loin sur un territoire qui était auparavant réservé aux joailliers de la place Vendôme », sanctuaire du haut luxe de la capitale française.

 

Louis Vuitton n’a toujours pas dévoilé d’éléments sur la valeur marchande du diamant joyau qui ne pourra être évaluée qu’après polissage.

 

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