Vuitton accroît ses capacités de production face à la demande chinoise

Louis Vuitton, marque-phare de LVMH, a inauguré jeudi sa seizième maroquinerie en France, accroissant ses capacités de production pour pouvoir répondre à une demande toujours explosive de la clientèle chinoise.

Par Luxus Plus

La griffe, qui emploie environ 4.500 personnes dans ses ateliers français, pense embaucher 1.500 personnes supplémentaires d’ici 2022, avec la montée en puissance des maroquineries existantes et l’ouverture prévue de deux nouveaux sites.

Comme ses concurrents, Gucci (groupe Kering) ou Chanel, Vuitton est porté par une demande chinoise qui ne faiblit pas et qui reste “exceptionnellement élevée” en Chine même, a déclaré à la presse son PDG, Michael Burke, en marge de l’inauguration de cette maroquinerie de Beaulieu-sur-Layon (Maine-et-Loire).

Ce 4e atelier situé en Pays de la Loire fait de cette région le premier bassin de production industrielle du groupe en France.

Première griffe de luxe au monde avec plus de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, Louis Vuitton réalise aujourd’hui un tiers de ses ventes auprès de la clientèle chinoise, en Chine même mais aussi à l’étranger.

Michael Burke avait déjà déclaré en juin aux analystes financiers qu’elle connaissait une croissance “jamais vue” en Chine et que le pays allait devenir le moteur clé de sa croissance.

Aujourd’hui, un tiers de la clientèle chinoise de Louis Vuitton achète dans le pays et cette proportion atteindra bientôt 50%, avait précisé le dirigeant.

Réactivité

“Ce nouvel atelier correspond à une méthode de travail (…) beaucoup plus agile, spécialisée sur les petites séries et les sacs très complexes”, a déclaré Michael Burke jeudi.

Dépourvu de piliers de soutien et s’ouvrant sur de larges baies vitrées par lesquelles passe la lumière naturelle, il peut être très rapidement transformable pour s’adapter à la fabrication de nouveautés dans des délais restreints.

Pour rendre la production aussi agile et rapide que possible, les employés sont devenus polyvalents et peuvent passer d’un poste de travail à l’autre.

Le délai entre une commande passée à l’atelier et la livraison des produits dans les magasins a ainsi été ramené à deux semaines, au lieu de quatre il y a quelques années, et l’objectif est de le réduire à une semaine.

Pour éviter les stocks d’invendus, la fabrication s’adapte en outre à la demande en fonction des niveaux de ventes dans les magasins. Louis Vuitton préfère ainsi fabriquer peu, au départ, et s’adapter ensuite en fonction de l’évolution de la demande.

La chaîne logistique, réputée pour son efficacité, permet ensuite de livrer les magasins en deux ou trois jours, grâce à une dizaine d’entrepôts répartis dans le monde.

Comme ses concurrents, Louis Vuitton veut limiter autant que possible ses invendus et pouvoir, à terme, tout recycler, face aux exigences d’une clientèle de plus en plus sensible aux questions environnementales.

Il recycle déjà les pièces en métal et quasiment tous ses produits en cuir.

La griffe compte aussi trois sites production aux Etats-Unis, dédiés au marché américain, et plusieurs en Espagne, pour la petite maroquinerie. Elle détient aussi deux sites, en Roumanie et au Portugal, spécialisés dans la fabrication de pièces détachées comme les boucles de sacs.

Elle a encore recours, pour une petite part, à des maroquiniers français sous-traitants, ainsi qu’à des fabricants tiers en France et en Italie pour sa célèbre toile monogrammée.

Avec Pascale Denis, édité par Bertrand Boucey

 

 

 

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