Luxe d’occasion et économie de partage font leur place

La première décennie du 21ème siècle a marqué l’histoire de l’humanité en tant que période de reconsidération des valeurs sociales et des habitudes de vie.

Par Katia KACHAN, Consultante en innovation créative et Tech

L’époque de l’abondance et de la consommation évidente des années 1990 a poussé les sociétés occidentales à se préoccuper excessivement des biens matériels. La richesse était affichée de manière ostentatoire dans le but d’acquérir ou de maintenir le statut social. Les deux crises économiques, la bulle Internet de 2000 et la récession financière mondiale de 2008, ont profondément traumatisé l’élite économique du monde entier. Le sentiment d’incertitude face à des lendemains qui risquaient de déchanter, associé à une prise de conscience croissante du changement climatique, a déplacé les priorités vers une consommation consciente et responsable.

Depuis 2010, les consommateurs de luxe ont manifesté le désir de passer de la propriété traditionnelle à de nouveaux moyens d’accéder à des produits haut de gamme et de les utiliser. Cette évolution des modes de consommation a déclenché le développement d’une économie de partage qui a démocratisé le luxe, donnant accès à des produits de qualité supérieure pour une plus grande partie de la population. Les consommateurs de diverses régions géographiques peuvent désormais choisir de faire leurs achats dans les magasins de vente au détail traditionnels ou d’essayer de nouveaux canaux de distribution, tels que la location, l’abonnement, la revente ou la vente directe aux consommateurs. Le 21ème siècle est ainsi devenu le siècle de l’usage et non de la possession, du moment présent et de l’expérience.

Au cours des neuf dernières années, le marché de la revente de vêtements a connu une croissance supérieure à celle du commerce de détail traditionnel. Si, en 2018, il était estimé à 20 milliards de dollars, il devrait atteindre 40 milliards de dollars d’ici 2022. D’ici 2030, le placard moyen sera composé à 40% de biens loués ou d’occasion.

Le placard du futur sera donc très différent du placard d’aujourd’hui, avec des produits d’occasion et des produits en location qui répondent parfaitement à la recherche d’une nouveauté et d’une durabilité constantes pour la nouvelle génération de consommateurs.

Par Katia KACHAN, Consultante en innovation créative et Tech
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