Le meilleur des défilés Londoniens automne-hiver 2019

Retour sur les défilés marquants de la Fashion Week Londonienne, qui se tient jusqu’au mardi 19 février 2019.

par Hélène

Burberry loin de s’assagir

photo: Burberry

Burberry consideré comme trop sage ? Le nouveau styliste du poids lourd de la mode britannique Riccardo Tisci a prouvé le contraire en dévoilant une collection audacieuse et bigarrée, mêlant streetwear, paillettes, corsets et manteaux surdimensionnés, dimanche lors de la Fashion Week de Londres.

La mannequin vedette défile vêtue d’une surprenante mini-robe monochrome à col polo, sur laquelle Tisci a juxtaposé un corset zippé à manches bouffantes. Déroutant pour les habitués de la marque, moins pour ceux qui ont vu le travail de l’Italien, un expert du streetwear de luxe, chez Givenchy.

« Pour la première collection, c’est un peu comme si j’avais commencé à écrire mes premières lettres, et que je m’attelais désormais à rédiger un livre en bonne et due forme« , a-t-il confié à l’AFP.

 

Victoria Beckham: retour dans les 70’s

photo: Victoria Beckham

Cols pelle à tarte, pulls jacquard et couleurs retro: la créatrice britannique Victoria Beckham a puisé dans les seventies pour composer sa collection femme automne-hiver 2019-20, dévoilée lors de la Fashion Week de Londres.

Victoria Beckham dit « S’inspirer du passé » pour faire des « propositions pour le futur« . Son choix de défiler dans les galeries du prestigieux musée Tate Britain, un bâtiment néoclassique abritant quelques-uns des plus beaux trésors de l’art britannique, est un choix cohérent dans cet esprit du passé/futur.

A la culture seventies, Victoria Beckham emprunte les fameux cols pelle à tarte, longs et effilés comme l’ustensile éponyme, portés avec des pulls jacquard près du corps et des jupes en tweed taille haute. Les pantalons, couleur tabac, amples et confortables, accompagnent des chemises à volants sophistiquées parcourues de quadrillages en pointillés.

La créatrice a également trouvé dans ses « archives » un motif de chaînes entrelacées, dont elle pare de longues robes à chute évasée.

La spécialiste du chic et sobre, habituée des podiums new-yorkais, défilait pour la deuxième fois à Londres, après y avoir fêté l’an passé les dix ans de sa marque. « Le studio est basé ici, tout comme notre magasin phare, et j’avais envie de continuer à participer à la Fashion Week de Londres« , a-t-elle expliqué dans le quotidien The Guardian.

 

Hugo Boss reste minimaliste

photo: Hugo Boss

Hugo Boss, inspiré de la scène artistique et de l’architecture de la ville, ce défilé automne-hiver 2019 était présenté dans une galerie à Chelsea. Les collections homme et femme ont défilé ensemble, célébrant le talent de tailleur de la maison allemande.

Des invités de marque comme Dylan Sprouse, Barbara Palvin et Richard Madden ont assisté à la présentation, tandis que les mannequins parcouraient le podium dans d’élégants manteaux et de belles capes en peau retournée, en alpaga et en cachemire, portées sur des pulls monochromes raffinés ou leurs déclinaisons rayées. Certaines pièces étaient directement inspirées des formes géométriques chères à Mondrian.

De grandes pochettes-enveloppes, des sacs polochon aux lignes structurées, des bottines à plateforme et des chaussures habillées venaient apporter la touche finale à ces looks au chic discret.

Les couleurs, en général, tournaient autour d’une palette minimaliste de blanc, de noir, de camel, de biscuit et de gris avec des touches ponctuelles de bleu et de jaune qui mettaient parfaitement en valeur les silhouettes sculpturales de la collection.

Cette dernière collection a été présentée juste après la divulgation des belles performances de Boss au quatrième trimestre, avec des ventes en hausse de 7 % au cours de la période. Les bénéfices annuels devraient aussi augmenter grâce à une solide croissance au Royaume-Uni, en France et en Chine, ainsi que sur le nouveau site de la maison.

 

 

Simone Rocha en mode romantique

photo: Simone Rocha

La collection mélangeait des visions ultra-féminines avec des références à la sculpture brute de Louise Bourgeois pour énoncer une vraie déclaration de mode. Depuis son premier défilé en 2010, Simone Rocha a développé un style très identifiable, infusé de romantisme, exprimé avec une poésie avant-gardiste.

La créatrice irlandaise coupe des robes et des manteaux garnis de volants exagérés, d’une avalanche de plis et de fronces, sans écraser le propos général de ses collections. Elle adore les noirs profonds, le velours, les motifs floraux et les soies vintage – qui donnent à ses vêtements une certaine majesté, mais sans les rendre poussiéreux pour autant.

Sous les ors de la Royal Academy of Arts, les mannequins déambulaient à travers plusieurs salles en enfilade, entraînés par une bande-son très dramatique.

Chloë Sevigny, Jenny Howarth, Lindsey Wixson et toute une bande de mannequins iconiques des décennies précédentes défilaient dans des trench-coats en tulle semi-transparent, portés sur des robes couleur chair. Simone Rocha a choisi des codes inspirés de la lingerie pour achever une grande partie de ses pièces.

La collection a reçu une ovation enthousiaste de la part d’un public qui comprenait notamment l’ambassadrice du British Fashion Council, Laura Bailey, la chanteuse Paloma Faith, la styliste Daisy Lowe.

« Sécurité et intimité. J’ai commencé par jouer avec mes idées avant de me mettre carrément dans la peau d’un voyeur », explique Simone Rocha dans un éclat de rire, entourée par son équipe dans les coulisses bondées du défilé.

 

 

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