Quelle place pour la Suisse dans le textile de luxe?

Comment la Suisse réussit-elle à maintenir le cap dans le textile de luxe malgré les délocalisations? Grâce à un savoir faire exceptionnel et une avancée dans le e-commerce.

Par Hélène
photo: Zimmerli

Dans un environnement toujours plus concurrentiel, la Suisse reste un acteur important dans l’industrie du textile et de l’habillement, même si la plupart de la production a été délocalisée à l’étranger.

Apprécié par les acteurs du luxe, mais aussi dans diverses industries, le savoir-faire textile des sociétés suisses continue de rayonner à l’international.

« Dans la haute-couture et les tissus techniques, les opportunités de croissance sont immenses et la conjoncture est au beau fixe« , assure Peter Flückiger, directeur de Swiss Textiles. Optimiste, le spécialiste estime que le textile, par ses propriétés (flexibilité, légèreté, solidité), est le « matériau du futur« , en témoigne « l’infinité » d’applications possibles.

L’industrie a profité de hausses des exportations au premier et au deuxième trimestres, tant dans le textile (+6,5% sur un an) que dans l’habillement (+33,5%).

Le fabricant de lingerie de luxe Zimmerli a profité de cette solide conjoncture. « Nous avons vu nos ventes progresser de 14% l’année dernière et la croissance devrait être similaire cette année« , remarque le directeur général de la société familiale, Marcel Hossli.

Un savoir-faire dans les textiles techniques

Dans les textiles techniques, un marché qui pèse pour 150 milliards de francs à l’échelle mondiale, la situation est similaire. « Le premier semestre a été marqué par une demande supérieure à nos capacités de production« , se félicite Siegfried Winkelbeiner, directeur général de Schoeller.

La société, qui fête cette année ses 150 ans, profite de la demande pour ses textiles intelligents. Grâce à la micro-électronique, ces tissus munis de capteurs trouvent des applications dans la médecine, les jeux vidéo, l’architecture ou encore le transport. « L’association du textile et de l’électronique fait naître un nouveau marché, celui du e-textile« , explique M. Winkelbeiner.

Si les ventes sont à la hausse pour Zimmerli, les marges souffrent du franc fort, 80% des ventes étant réalisées à l’étranger, alors que la société est l’une des rares à conserver sa production en Suisse. « Pour y remédier, nous nous sommes repositionnés et avons relevé nos prix en euro pour les nouveaux lancements« , explique-t-il.

La montée du e-commerce

Zimmerli s’est ouvert à l’e-commerce il y a quatre ans et la croissance a été visible. « Environ 20% des ventes sont réalisées en ligne, dont 13% sur notre propre e-boutique« , déclare le directeur.

L’e-commerce permet de s’étendre, notamment en Asie. « En Europe, il est difficile de gagner des parts de marché, mais en Chine, notre potentiel de croissance est immense« , estime le directeur. Dans sa filiale à Shanghai, Zimmerli emploie une douzaine de collaborateurs, sur la centaine que compte le groupe.

L’internationalisation est une opportunité pour les sociétés suisses, confirme M. Flückiger. Même si les entreprises produisent de moins en moins dans le pays, il reste un centre de compétence reconnu mondialement. La suisse s’étend ainsi à d’autres activités comme la recherche et développement et le design.

« En Suisse, nous concentrons dans un espace restreint de nombreux savoir-faire, dans le textile bien-sûr, mais également dans les composants électroniques, l’horlogerie ou l’industrie des machines ainsi que dans le design et la création« , ajoute M. Winkelbeiner. « Associés à des instituts de recherche de premier plan, cet environnement est idéal pour avoir une capacité d’innovation« .

                                   Par Hélène
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