Joëlle de Montgolfier (Bain & Company): ce qu’il faut retenir de son allocution au Vogue Fashion Festival

Le Vogue Fashion Festival qui s’est tenu le 9 et 10 novembre à Paris a rassemblé autour de conférences et de rencontres, les professionnels du secteur de la mode et du luxe. Retour sur l’intervention de Joëlle de Montgolfier de chez Bain & company qui nous en dit plus sur les enjeux et l’avenir du luxe.

Par Hélène
photo: Vogue Fashion Festival

Le Vogue Fashion festival a été l’occasion d’échanger autour de l’avenir du secteur du luxe. Joëlle de Montgolfier, directrice du pôle études et recherches du cabinet de conseil Bain & Company nous confirme que le bilan annuel, qui sera présenté ce mois-ci, dévoilera un chiffre d’affaires global de 280 milliards d’euros pour les biens personnels de luxe (mode, joaillerie, maroquinerie, beauté, etc.). 

Un chiffre qui correspond à une croissance globale de 7 %, à taux de change constants. « En revanche, compte tenu de la volatilité particulièrement marquée des monnaies cette année, nous serons en dessous de la fourchette de 6 à 8 % à change courants », précise-t-elle.

 

La reprise du marché continental chinois se confirme en 2018

L’année 2018 confirme la progression établie en 2017 « La reprise du marché continental chinois est bien confirmée en 2018, elle s’accélère même ».

2018 voit l’avènement des clients chinois sur la scène du luxe mondiale. Selon les estimations, en 2025, 85% des nouveaux consommateurs du luxe viendront de Chine. Ces chiffres s’expliquent par une classe moyenne chinoise plus jeune, les Millenials : « Cette nouvelle génération d’acheteurs influe sur la transformation du luxe, on assiste à une ‘casualisation’ du luxe avec de nouvelles catégories : sneakers, jean, doudounes, et même, audacieusement, des claquettes en plastique. » Ce phénomène risque d’être observé durablement, le luxe atteint des frontières inhabituelles.

Les clients réclament désormais une expérience qui enrobe le produit, mais l’expérience consommée comme l’automobile, la restauration ou encore l’hôtellerie expriment un taux de croissance supérieure. « On assiste à une nouveau code du luxe : on passe de la définition historique du luxe qui inclut des biens d’exception durable, voir intemporels à se passer de génération en génération, à un luxe fugace, expérientielle ou il ne nous en reste que le souvenir. » On ne cherche plus à acquérir un produit mais à vivre une experience.

 

Luxe: Des achats influencés par Internet et le développement durable

Avec la montée en puissance de la technologie et du numérique, aujourd’hui, 70% des achats du luxe sont influencés par Internet. Si on achète encore en boutiques, le client s’informe souvent en amont sur le produit. L’approche exclusive en magasin avec une expérience parfois intimidante pour certains consommateurs, s’efface petit à petit en faveur du numérique, mais ne disparaîtra certainement pas pour autant.

Selon l’étude de Bain&Company, 10% des clients du luxe déclarent qu’ils seraient prêts à acheter des produits d’une maison spécifique si celle ci s’engage dans le développement durable.  Si cela ne représente pas encore un vrai critère d’achat, on constate que c’est tout de même une attente notable, surtout dans le secteur du luxe, puisque 94% des clients avouent que les marques de luxe se doivent d’être plus engagées.

C’est pourquoi de nos jours, on assiste à l’arrivée de nouveaux métiers et services qui tendent à se développer de plus en plus, pour essayer de donner une seconde vie à son produit de luxe notamment grâce à la location, la revente de seconde main ou encore le recyclage.

Cette année où la croissance devrait s’établir à +7 % à taux de change constants, l’estimation de Bain & Company pour les années à venir est de +4 ou +5 %. « Nous ne serons plus dans une dynamique à deux chiffres », prévient Joëlle de Montgolfier.

 

Par Hélène

 

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